EDITORS, 12 décembre 2005, Orangerie
Revoilà le « phénomène hype » pour la deuxième fois en peu de temps par chez nous, au Botanique… Allez, c’est bon, on fera tout pour essayer de leur pardonner le coup du report du concert! Chose inhabituelle, aujourd’hui, il y aura deux premières parties, Apartment s’étant récemment rajouté à l’affiche. Ceux-ci sont plutôt efficaces, mais je n’ai pas été le seul à les trouver trop similaires à The Departure, l’attitude et l’expérience en moins. Tout y est: la basse ronde et coulante qui mène le jeu, le jeu minimaliste de guitare, et surtout la voix du chanteur. Sincèrement, les yeux fermés, l’illusion est parfaite. Mais il manque ce petit plus, cet enthousiasme communicatif qu’ont les Departure en plus…
Par contre, We Are Sciencists, voilà une affaire autrement bien menée… Sans jouer la carte d’une originalité à toute épreuve, les trois new-yorkais dégagent une énergie et une bonne humeur qui les rendent plus que sympathiques. C’est sautillant, dansant, et ils ont de vrais tubes à nous jouer. Notamment un « Callbacks » tout en puissence, ou le rythme pixiesque (comprendre débile, dans le bon sens du terme) de « The Great Escape » qui terminera le concert en beauté, pour ne retenir que quelques meilleures. Et puis, leçon du jour: apprendre la basse et jouer dans un groupe au nom scientifique permet de porter des lunettes ridicules tout en se tapant autant de groupies qu’on le voudra… Cheers!

Editors, quant à eux, jouent un set très carré et pro, à la limite de la perfection. Avec un album aussi solide «
The Back Room« sous le bras et des tournées à n’en plus finir, ça pourrait presque sembler « normal »… Rien à redire. De « Munich » à « Bullets » en passant par les interventions aux claviers de Tom Smith sur « Camera », le ton est grave et les chansons prennent aux tripes autant que sur album. Quelques surprises, comme cette reprise de The Fall, « à qui Maxïmo Park a tout piqué », mais un gros hic: les gars ont l’air tellement pressés de terminer le concert qu’ils s’en vont après une heure de concert et un rappel plus poli et conventionnel que vraiment par plaisir… Alors, à la sortie, on distribue des tracts pour leur prochain concert, au Vooruit de Gand. Un peu comme pour nous narguer en disant « venez, on jouera plus longtemps! »
Photo © 2005 Kevin Dochain
