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VENOM PRISON – Erebos

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Attention, il est possible qu’on ait ici une des grosses forces montantes du métal extrême pour les années qui viennent. Venom Prison vient du pays de Galles où il s’est formé en 2015 et sa réputation se répand plus vite qu’un variant de coronavirus ou une colonne blindée russe fonçant vers l’Ukraine.

Larisa Stupar (chant) et Ash Gray (guitare) sont les deux initiateurs de Venom Prison, qu’ils complètent rapidement avec l’arrivée de Ben Thomas (guitare) et Mike Jefferies (basse). Avec Joe Sheehy à la batterie, Venom Prison réalise son premier EP ʺDefy the tyrantʺ en 2015. À l’époque, il est simplement question de s’éclater en amateur sur du death metal mâtiné de quelques touches hardcore. En ce sens, le premier EP est touchant de primitivisme, avec un son semblant avoir été capté par un dictaphone au fond d’une cave.

Mais il y a des gens qui écoutent la musique de Venom Prison et il s’avère que certains d’entre eux repèrent immédiatement les possibilités vocales incroyables de la chanteuse Larissa Stupar, capable de défier les hommes sur le terrain des grognements et des hurlements death metal. Le groupe réalise donc son deuxième EP ʺThe primal chaosʺ déjà sur un label (Soaked in Torments) et se fait rapidement signer chez Prosthetic Records pour la sortie du premier album ʺAnimusʺ en 2016. La pochette est signée Eliran Kantor, qui va ensuite officier régulièrement sur les autres pochettes des albums de Venom Prison, représentant des scènes de tortures peintes à la façon de Rubens, tout à fait saisissant.

Cet album ʺAnimusʺ fédère la critique positive autour de lui et Venom Prison commence à se montrer sur scène, en ouverture de groupes comme Dying Fœtus, Toxic Holocaust, Goatwhore ou Fit For An Autopsy. En 2017, le journal Metal Hammer décerne son Golden Gods Award à Venom Prison dans la catégorie du meilleur nouveau groupe et l’année suivante, le groupe est nominé pour les Heavy Music Awards dans la catégorie de la meilleure révélation anglaise. A la même époque, Joe Sheehy est remplacé par Jay Pipprell derrière les fûts.

L’album ʺSamsaraʺ qui sort en 2019 sur Prosthetic Records est totalement bluffant. L’association entre death metal et hardcore ne donne pas du deathcore mais un mélange encore plus explosif et fabuleusement original. Et surtout, la voix de Larissa Stupar est démentielle, semblable à celle du plus viril et du plus poilu des chanteurs death metal du monde connu. Après la sortie de ce disque, le batteur Jay Pipprell est remplacé par Joe Bills. L’album ʺPrimevalʺ (2020) est le dernier disque de la collaboration avec Prosthetic. C’est un album un peu particulier qui propose des versions réenregistrées des premiers morceaux de Venom Prison. On en arrive au tournant de la carrière du groupe, avec une signature sur Century Media fin 2020.

Ceci aboutit à ʺErebosʺ, poursuite de la logique death/hardcore avec toutefois davantage de pincées metalcore saupoudrées de ci de là au cours du disque. Si cet album est le premier qu’on écoute dans la discographie de Venom Prison, il ne fait aucun doute qu’il est très marquant. Mais si on prend soin d’écouter ʺSamsaraʺ avant ou après ʺErebosʺ, on voit que ce dernier est quand même un cran en dessous. La voix de Larissa Stupar est toujours aussi impressionnante et si les deux premiers morceaux enfoncent le clou avec des assauts death metal irrésistibles, des pointes mélodiques sur ʺComfort of complicityʺ et le mélange de douceur et de violence sur ʺPain of Oizysʺ (la première ballade death metal de l’histoire ?) viennent un peu refroidir les enthousiasmes des tenants du death metal pur jus. Il en ira fort heureusement différemment avec la seconde partie de l’album qui envoie de l’acier trempé et des kilolitres d’hémoglobine au cours de morceaux puissants comme ʺGolden apples of the Hesperidesʺ (sans doute la crème de cet album), ʺGorgon sistersʺ ou ʺTechnologies of deathʺ. Les références mythologiques ne renvoient pas à Hercule, la Gorgone ou Erebos (le dieu de l’obscurité) mais à des textes politiques évoquant l’ingénierie sociale et le contrôle des masses, l’hygiène raciale ou la férocité du pouvoir d’état. Dans ces morceaux, Venom Prison atteint une puissance évocatrice du meilleur niveau avec des successions d’atmosphères contradictoires qui leur donnent une âme véritable.

Le Royaume-Uni a commencé l’aventure du métal extrême avec Venom (qui faisait plus rire que peur) et il bénéficie maintenant de Venom Prison, qui impose le respect. Le progrès peut parfois s’avérer bénéfique.

Le groupe :

Larisa Stupar (chant)
Ash Gray (guitare)
Ben Thomas (guitare)
Mike Jefferies (basse)
Joe Bills (batterie)

L’album :

ʺBorn from Chaosʺ (01:40)
ʺJudges of the Underworldʺ (04:56)
ʺNemesisʺ (04:12)
ʺComfort of Complicityʺ (05:06)
ʺPain of Oizysʺ (05:38)
ʺGolden Apples of the Hesperidesʺ (05:29)
ʺCastigated in Steel and Concreteʺ (04:55)
ʺGorgon Sistersʺ (05:01)
ʺVeil of Nightʺ (05:27)
ʺTechnologies of Deathʺ (06:35)

https://www.facebook.com/venomprison

Pays: GB
Century Media
Sortie: 2022/02/04

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