CD/DVDChroniques

VEILBURNER – VLBRNR

Notre évaluation
L'évaluation des lecteurs
[Total: 0 Moyenne: 0]

Nous retrouvons ce passionnant duo pennsylvanien de Veilburner, toujours aussi dérangé et imaginatif quand il s’agit de porter le black metal à des hauteurs créatives jusque-là insoupçonnées. Les deux précédents albums, respectivement quatrième et cinquième de la série, étaient sortis chez Transcending Obscurity et portaient des titres à coucher dehors : ʺA sire to the ghouls of lunacyʺ (2018) et ʺLurkers in the capsule of skullʺ (2021). Cette fois, avec ce sixième album, on fait dans le plus simple puisqu’il n’y a que le nom du groupe, débarrassé de toutes les voyelles.

Les deux précédents albums étaient en quelque sorte liés l’un à l’autre et ce nouveau ʺVLBRNRʺ s’impose à nouveau comme un nouvel avatar captivant de Veilburner. Les deux musiciens sont toujours remontés comme des pendules atomiques et assènent une violence morbide et folichonne sur dix titres qui se répandent sur une durée totale de 56 minutes. À ce prix-là, il va falloir s’asseoir bien solidement sur sa chaise et écouter ces nouveaux titres complexes et hargneux de toutes ses oreilles.

Dès le premier morceau ʺVIʺ, les choses sont simples : on se retrouve propulsé dans un flipper géant où les bandes rebondissantes nous envoient toujours un peu plus rapidement dans les affres de la folie alors que les dissonances torturées d’un black et death metal complètement poisseux et surexcité nous sautent à la gorge. Dans le lot, le morceau le plus impressionnant et sans conteste ʺLo ! Heirs to the serpentʺ, qui associe des atmosphères apocalyptiques et des ralentissements neurasthéniques. Cette construction ingérable prépare parfaitement aux morceaux suivants, dont un impérial ʺBurning the veilʺ aux petites sonorités métal industriel qui font froid dans le dos. La voix versatile du dément Chrisom Infernium est capable de nous proférer des hurlements grossiers et cadavériques tout en parvenant aussi à se glisser dans des gloussements d’une autre planète.

On découvre à nouveau l’extrême variété du black metal de Veilburner, qui prend à chaque nouveau titre des intonations différentes. ʺUnorthodoxagonʺ est une nouvelle manifestation délirante des possibilités du groupe, qui nous enfonce dans un mélange de thrash metal, de black metal et d’industriel parti dans tous les sens. On est aussi en extase devant l’idée que tous les instruments sont manipulés avec une ébouriffante dextérité par Mephisto Deleterio.

Des petits riffs en quarte augmentée sur ʺRepulsed by the lightʺ viennent nous faire frissonner l’échine pour ce titre envoutant et effrayant, continuation du fait que cet album possède un pouvoir d’attraction qui ne se dément pas d’un bout à l’autre. Et la voix de Chrisom Infernium prend encore une nouvelle teneur, quasiment opératique. Il y aura encore les démentiels ʺNone so hideousʺ, ʺExhibitionism in limboʺ (petit intermède instrumental en mode new wave tapageuse) et ʺRuinʺ qui poursuivent ce disque avec brio. Le dernier morceau est le plus long et il rend tout simplement fou.

Au fil du temps, Veilburner confirme sans arrêt tout le bien qu’il faut penser de ses étonnantes capacités créatives. S’il fallait emporter un seul groupe de black metal sur une île déserte, ce serait sans doute bien lui.

Le groupe :

Mephisto Deleterio (tous les instruments)
Chrisom Infernium (chant)

L’album :

ʺVI (Vulgar Incantations)ʺ (6:17)
ʺEnvexomous Hexʺ (5:34)
ʺInterim Oblivionʺ (6:02)
ʺLo! Heirs to the Serpentʺ (5:18)
ʺBurning the Veilʺ (5:25)
ʺUnorthodoxagonʺ (5:26)
ʺRepulsed by the Lightʺ (6:41)
ʺNone So Hideousʺ (5:27)
ʺExhibitionism in Limboʺ (2:48)
ʺRuinʺ (7:19)

https://veilburnerband.bandcamp.com/
https://www.facebook.com/veilburner/

Pays: US
Transcending Obscurity
Sortie: 2022/12/02

Laisser un commentaire

Music In Belgium