ULTIMA GRACE – Ultima Grace
Ultima Grace est un nouveau groupe en provenance du Japon mais qui a eu la bonne idée d’employer au chant la grande Anette Olzon (The Dark Element, ex-Nightwish, Allen/Olzon), pour un résultat des plus formidables. L’homme qui se cache derrière ce projet est le légendaire Yuuki Nakajima, alias Yuhki, véritable icône du heavy metal japonais, claviériste et compositeur pour des groupes comme Galneryus, Alhambra ou Ark Storm. Il a non seulement eu la bonne idée de recruter Anette Olzon mais s’est aussi entouré de son compatriote Toshihiro Kajihara aux guitares, son âme damnée également dans Alhambra. Celui-ci délivre ici des parties de guitares somptueuses.
L’album est sorti en mars 2022 au Japon d’abord, sous l’égide du label King Records. Et c’est finalement Frontiers Records qui jette son dévolu sur eux, signant un contrat pour sortir ce premier album en Europe en septembre de la même année.
Yuhki est en charge de tout le travail de composition, dirigeant également tout le boulot artistique et de production, développant un album qui fonde ses postulats sur la partie la plus symphonique du power metal, avec aussi une bonne dose d’école néoclassique dans les guitares. Outre Yuhki (claviers) et Toshihiro Kajihara (guitare), le batteur Hideki (Mahatma, Alhambra) et le bassiste Atsushi Hasegawa (Gerard) viennent nous en mettre plein la vue.
Ultima Grace ne se fatigue pas trop pour ce qui est du titre de l’album, puisque c’est le même que celui du groupe. Même chose pour la pochette qui ressemble à celle d’un livre d’ésotérisme bon marché sur la vie après la mort. Mais ce qu’il y a à l’intérieur est en mesure de tout renverser. Il faut s’accrocher car il y en a quand même pour 65 minutes au compteur, ce qui est presque le double de la limite du théorème du Sergeant Pepper (un bon album se limite à 37 minutes de durée et tout ce qui dépasse risque fort de faire verser l’œuvre dans l’ennui le plus complet). Mais par miracle, ʺUltima Graceʺ va envoyer du virevoltant et de l’échevelé d’un bout à l’autre de ce disque, sans décevoir l’auditeur à aucun moment, même si de temps à autres quelques petits passages kitsch viennent tirer des sourires sarcastiques (le dernier morceau ʺRequiemʺ était par exemple dispensable).
La première partie de l’album est époustouflante. Les titres ʺA legend beginsʺ, ʺGetting on with lifeʺ, ʺCry for the rainʺ, ʺPowers of North and Eastʺ ou ʺBeguile the nightʺ nous en mettent pour notre argent. Les musiciens japonais se laissent aller sans vergogne vers leurs penchants Deep Purple, Rainbow, Angel ou Yngwie Malmsteen et nous sortent force forfanteries délirantes sur les claviers ou les guitares, avec un rythme de cheval emballé et cette touche nippone qui mélange habilement sucrerie et puissance. La voix d’Anette Olzon est princière, même si parfois certains aigus frôlent le dérapage dans l’ultra-son. La seconde partie est davantage tournée vers le métal progressif mais garde toute sa force de percussion, même sur des ballades au début un peu ringard (ʺRipplesʺ) qui finissent par retrouver le pouvoir d’envoyer de bonnes baffes sonores.
On ne va pas épiloguer davantage sur cet album que tout amateur de métal symphonique et progressif se doit de posséder. Les frissons et le divertissement son garantis !
Le groupe :
Yuhki (claviers et orgue)
Anette Olzon (chant)
Toshihiro Kajihara (guitare)
Atsushi Hasegawa (basse)
Hideki Harasawa (batterie)
L’album :
ʺA Legend Beginsʺ
ʺGetting On With Lifeʺ
ʺCry For the Rainʺ
ʺPowers of North and Eastʺ
ʺBeguile the Nightʺ
ʺRipplesʺ
ʺRiseʺ
ʺNight Huntʺ
ʺDouble Cautionʺ
ʺThe Lostʺ
ʺRequiemʺ
https://www.facebook.com/YUHKI.OFFICIAL
Pays: JP
Frontiers Music
Sortie: 2022/09/09