TIERSEN, Yann – Les retrouvailles (special edition)
Yann Tiersen est un phénomène rare dans la mesure où ses talents de compositeur, parfois controversés (on l’accuse parfois de plagiat), s’accompagnent de la faculté de jouer de multiples instruments, comme sur « Western », un morceau assez court plutôt country, introduction idéale pour un album qui mélange le rock au sens large à des pièces d’inspiration classique venant en droite ligne du cerveau de l’auteur. Il joue de la basse, des guitares, des clavecins, des violons, des altos, du toy piano et du carillon.
Sur « Kala », c’est Elizabeth Fraser (Cocteau Twins), une vieille connaissance, qui chante. Elle fait toujours planer le mystère sur ce qu’elle touche et c’est très bien ainsi. C’est très différent de ce qu’elle faisait avec son groupe ou avec Massive Attack mais c’est très beau. On joue beaucoup sur la réverb mais ce n’est jamais gênant. La présence de l’Orchestre de Paris apporte beaucoup de majesté et de l’ampleur. Citons aussi le violoncelle de Jean-François Assy, un bien bel instrument. Quant à Yann Tiersen, il joue de nouveau de plusieurs instruments.
Très intimiste, surtout au début, « Loin des villes » est avant tout un faire-valoir pour Tiersen. De nouveau, il joue de tous les instruments et s’en tire parfaitement, montrant ainsi diverses facettes de son immense talent. Le passage au violon est vraiment de toute beauté. C’est un des meilleurs titres de l’album.
Sur « La veillée », il joue notamment de l’accordéon et est accompagné par l’Orchestre de Paris, section cuivres et bois. De plus, le Quatuor Illico joue les instruments à cordes et Jean-François Assy joue du violoncelle. Ce titre dégage une mélancolie et une nostalgie du temps qui passe qui le rend incontournable.
Jane Birkin, accompagnée par un Septuor à cordes, chante avec beaucoup de feeling sur « Plus d’hiver », une chanson française à caractère politique auquel elle ne nous a pas habitué. Yann Tiersen, lui, joue cette fois du piano. Magnifique !
Suit bientôt « A ceux qui sont malades par mer calme », un morceau inspiré du classique qui évoque aussi David Sylvian. Sur ce titre, il joue de la batterie, de la basse, des guitares, du mélodica, du vibraphone, de la scie, des violons, des altos et des violoncelles. Excusez du peu.
Stuart Staples (Tindersticks) chante avec beaucoup de brio sur « A Secret Place », un titre assez sombre. On n’attend pas autre chose de lui mais il assimile parfaitement le style du co-auteur.
Le morceau très intimiste « Le matin » est une pure merveille, avec Tiersen seul au piano. Un tout grand titre. Que c’est beau ! Le remarquable « Les enfants » comprend lui Elliott à la flûte, alors que Tiersen joue de tous les autres instruments, même les plus saugrenus. Sur « Le jour de l’ouverture », sans doute heureux de se retrouver, Yann Tiersen, Christophe Miossec et Dominic A chantent avec beaucoup d’enthousiasme et de conviction.
« La boulange » est beaucoup plus enlevé mais il comporte aussi de magnifiques passages au violon joué par Tiersen. Ludovic Morillon joue de la batterie, Jean-François Assy du violoncelle et Christine Ott des Ondes Martenot. Très spécial et très beau. De nouveau Tiersen seul au piano sur« La plage », un remarquable instrumental intimiste et nostalgique. Toujours sur le mode mineur, Elizabeth Fraser revient sur « Mary », qui dispose d’une très belle mélodie. Elle nous gratifie de sa voix empreinte de beaucoup de feeling sur ce beau titre doux amer.
Yann Tiersen est seul au violon sur « 7:PM », un exercice de style où il assouvit sa passion de la musique et se livre à une véritable démonstration de virtuosité. Sur « Les retrouvailles », Yann Tiersen est accompagné par l’Orchestre de Paris, rien de moins. C’est un morceau assez guilleret mais il véhicule sa part de nostalgie. Pour terminer, le très court « La jetée » lui permet de jouer remarquablement du clavecin.
Quel brillant album ! Il part dans tous les sens, au gré des expérimentations d’un auteur très intéressant. Il y a très peu de moments faibles. Une découverte !
Sur le DVD figure le film « La traversée », où on voit Yann Tiersen chercher son inspiration à Ouessant, en pleine nature, avec la mer qui vient s’écraser sur les rochers. On peut le voir travailler seul et jouer du violon, de la guitare classique et divers instruments comme le mélodica et le toy piano. Toujours à l’affût de nouvelles sonorités, on le voit tirer parti d’une machine à écrire et même d’une scie.
On le voit à Paris, à l’Hôtel Vauban et aux Studios Davout. Il enregistre le matériel disponible et travaille avec ses invités : Jane Birkin, Elizabeth Fraser, Stuart Staples, Dominique A et Christophe Miossec. Comme c’est souvent le cas quand ils sont bien faits, ce DVD est essentiel pour bien comprendre à quel point l’artiste est un bourreau de travail. Sur le plan technique, on peut choisir entre quatre langues et définir la qualité du son en fonction du matériel que l’on possède.
Titres du CD « Les retrouvailles » :
- « Western »
- « Kala »
- « Loin des villes »
- « La veillée »
- « Plus d’hiver »
- « A ceux qui sont malades par mer calme »
- « A Secret Place »
- « Le matin »
- « Les enfants »
- « Le jour de l’ouverture »
- « La boulange »
- « La plage »
- « Mary »
- « 7:PM »
- « Les retrouvailles »
- « La jetée »
Titres du DVD « La traversée » de Aurélie Du Boys :
- « La veillée »
- « Western »
- « Les enfants »
- « Le matin »
- « 7:PM »
- « L’horloge »
- « Le train »
- « Octobre »
- « La boulange »
- « L’escalier »
- « Ukulélé Man »
- « Le jour de l’ouverture »
- « Macros boules »
- « Plus d’hiver »
- « A Secret Place »
- « Mary »
- « Kala »
- « Les retrouvailles »
- « Les crêpes »
- « Les journées »
Pays: FR
Labels / Virgin 0946 3114 65 0
Sortie: 2005/05/23