BROTHER APE – On the Other Side
Le groupe suédois Brother Ape produit un Rock Progressif, mélodique, rappelant surtout Saga, parfois Yes, Asia, Rush et Styx, plus ou moins teinté de Fusions Jazz-Rock d’origines diverses comme Weather Report mais plutôt via Brand X, comme aussi Return to Forever et Richard Bona.
En fait, en 2003, le groupe avait enregistré un CD, mais à tirage limité, reprenant la plupart des titres présentés ici et l’avait aisément écoulé en concerts. Vu ce relatif succès, cet album vient d’être réédité, augmenté de quelques titres.
Le groupe se compose des quatre musiciens ci-dessous :
- Stefan Damicolas : Guitares & Vocaux
- Max Bergman : Batterie & Percussions
- Gurra Maxén : Claviers, Basse & Vocaux
- Peter Dahlström : Basse, Claviers & Vocaux
Voici les titres de l’album (48’25) :
- « The Jerk » (5’04)
- « Waiting for the Sandman » (4’37)
- « I Freak Out » (4’59)
- « Railways » (4’50)
- « Clockworks » (5’24)
- « This Hour » (4’45)
- « Unaccomplished » (4’15)
- « Farewell Song » (4’31)
- « Lucky Fool » (2’03)
- « On the Other Side » (7’53)
Toutes les musiques sont de Stefan Damicolas ; il en va de même pour les paroles, excepté pour trois titres (1, 2 et 4), dont Max Bergman est l’auteur.
Ce CD se caractérise par quelques qualités constantes. La première provient du chant dont la beauté, la pureté et la justesse impressionnent, qu’il soit interprété en soutien harmonique par les trois chanteurs potentiels ou en lead, par Peter Dahlström ou Stefan Damicolas. La seconde étale la flamboyance, l’originalité et la variété d’un impressionnant batteur et percussionniste, Max Bergman. La troisième se situe dans la valeur générale des instrumentistes. La quatrième se retrouve dans l’excellente mise en place de l’ensemble.
Deux pièces sont résolument d’une toute grande cuvée, même si elles restent les plus décalées de l’album :
- La pépite de l’album s’appelle « Unaccomplished ». Elle reste de loin ma préférée et m’a fait frissonner tant elle est bien foutue. Elle est particulière à tous les égards : c’est un des deux seuls titres où Stefan Damicolos chante en leader, c’est la seule sans guitare et sans basse, c’est l’unique avec Gurra Maxén et Peter Dahlström simultanément aux claviers. C’est une composition parfaite, accrocheuse, rapide, carrée, tranchée, saccadée, dans laquelle le travail flamboyant de Max Bergman à la batterie est sidérant et dans laquelle le chant se révèle merveilleusement subtil. Un croisement entre Saga et Return to Forever.
- Dans le superbe « On the Other Side », le chant et la basse font penser au fantastique Richard Bona. Elle se situe donc également plus dans un Jazz-Rock moderne et aéré teinté de World Music. Max Bergman, décidément impressionnant, éblouit par sa variété, sa technique et sa vitesse d’exécution. Stefan Damicolas positionne sa guitare délicatement autant en solo qu’en rythmique et rappelle parfois Trevor Rabin dans Yes.
Quatre ballades sont également remarquables :
- Dans « Waiting for the Sandman », Peter Dahlström chante tel un crooner et on peut admirer toute la chaleur de sa belle voix.
- Le plaisant « Railways » est construit sur le rythme évoquant un train. La voix de Peter Dahlström y est merveilleuse, secondée subtilement par celle de Stefan Damicolas ; tout cela sur une parfaite couverture de claviers et avec quelques petites touches au piano. Sublime !
- Deux autres réussites s’intitulent « This Hour » et « Lucky Fool ». Stefan Damicolas appuie à la guitare acoustique un Peter Dahlström, tout à la fois chaleureux et expressif.
Deux autres titres recèlent également de grandes forces :
- « I Freak Out » marque par une présence plus forte de la guitare qui couvre toute la pièce par des riffs bien trempés et s’aventure dans un solo délicatement bâti. On pense souvent à Ian Crichton et à Saga. Outre la guitare, Stefan Damicolas y chante merveilleusement en lead et Max Bergman confirme tout le bien qu’on peut penser de lui.
- « Farewell Song » rappelle également les atmosphères de Richard Bona avec un rythme soutenu, tiré sèchement par l’impeccable batteur, et avec les vocaux sans texte de Stefan Damicolas.
« Jerk », tout comme « Clockworks », sont des compositions moins marquantes même si elles ne sont pas dénuées des qualités générales citées plus haut.
En résumé, un bon album qui se laisse écouter avec plaisir.
Pays: SE
Progress Records PRCD014
Sortie: 2005/03/31