EIGHT SINS – Serpents
Ville natale de Stendhal, Grenoble coule des jours paisibles au pied des Alpes. Cependant, des risques d’avalanche se multiplient depuis une dizaine d’années, en raison de la présence d’un groupe de hardcore local plutôt versé dans l’entretien de vibrations telluriques et de la propagation d’un son dévastateur. Bref, si une catastrophe naturelle se produit dans le coin, il faudra sans doute demander des comptes à Eight Sins.
Par contre, pour ce qui est de balancer dans l’atmosphère des ondes sonores irrésistibles et travaillées au bulldozer, on peut remercier ce groupe de tenir la vallée de l’Isère et d’assurer la présence d’une représentation hardcore dans la région. Loic « Loxi » Pouillon (chant), Arnaud « FatB » Groby (guitare), Julien « Jambon » Alves (batterie) et Mikaël « Papipetou » Loran (basse) tiennent depuis 2006 une zone qu’ils ont parcourue de fond en comble, fraisant leurs riffs sur toutes les scènes locales et faisant vivre le secteur de la restauration de bâtiments endommagés. Leur pedigree se monte à trois albums : « Straight hate » (2008), « World of sorrow » (2013) et ce récent « Serpents », sorti l’année dernière. Ajoutons l’EP « Blood of revenge » en 2009 et on sera complet sur le dossier Eight Sins.
Et pour ce qui est de la nouvelle galette, eh bien, c’est comme on a dit : ça déboulonne la tôle ondulée avec le petit doigt, ça enfonce les blocs de béton dans le sol à coups de poing, ça fissure la croûte terrestre à coups de talon. Bref, c’est du hardcore pur mayonnaise qui vous remet la cervelle à l’endroit au cours de douces aubades du genre « Where is your God? », « Poisoned » ou « Vultures », qui sont chargés de mettre l’auditeur en condition extrême sur le début de l’album. Un seul morceau (« Filled with hate ») dépasse les quatre minutes et fait office d’opéra-rock dans cet ensemble qui défile à fond de train, déversant dans les tympans une dizaine de titres en vingt-huit minutes tout juste. La voix porcine du chanteur vient piquer au vif et est soutenue par une artillerie rythmique en perpétuelle ébullition. La philosophie du groupe est parfaitement résumée dans l’explicite « Beer & Moshpit », qui peut effectivement constituer un mode de vie sympathique et trancher avec la morosité contemporaine.
Autrement dit, si vous souhaitez vous défouler sans trop vous prendre la tête, ce petit album d’Eight Sins saura aisément satisfaire vos désirs.
Pays: FR
Autoproduction
Sortie: 2016/11/21