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BJORK, Brant – Tao of the devil

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Voici revenir le plus sympathique des baladins du stoner rock de Palm Desert, et c’est tant mieux! En effet, quand Brant Bjork se repointe avec une nouvelle livraison discographique, on sait à l’avance qu’on va passer un excellent moment. Que ce soit en mode pépère avec ses Brothers ou en configuration lourdingue chez Kyuss ou Fu Manchu, Brant Bjork a toujours su y faire pour charmer les tympans avec sa musique chatoyante et groovy.

Il y a deux ans, il nous avait sorti une carte maîtresse avec l’excellentissime album « Black power flower« , commis avec son Low Desert Punk Band. Cette année, Brant Bjork est toujours accompagné de son Low Desert Punk Band mais édite sous son seul nom ce non moins excellent « Tao of the devil » qui fleure bon le stoner bluesy et psychédélique. Avec une équipe de soudards composée de Bubba Dupree (guitare), Dave Dinsmore (basse) et Ryan Gut (batterie), le bon Brant retourne derrière la guitare et le micro et nous concocte une huitaine de titres dont certains vont pouvoir rejoindre le palmarès de ses meilleurs morceaux.

On sent ici le retour aux fondamentaux du rock du désert, celui de la maison mère de Palm Desert qui offrit au monde, voilà maintenant près d’un quart de siècle, les combos primordiaux Kyuss, Queens Of The Stone Age, Fatso Jetson, Nebula, Unida, Slo Burn, Mondo Generator, Hermano, Yawning Man ou Fu Manchu. La nouvelle galette de Brant Bjork a été pressée à chaud à la Jalamanta House de Joshua Tree, à un lancer de canette de Budweiser de Palm Desert. En cherchant bien, on peut peut-être trouver des grains de sables dans la pochette de l’album, un petit bout de plume d’indien ou quelques traces d’herbe qui fait rire. Parce que ce sont tous ces ingrédients qu’on retrouve dans cet album, agrémenté bien sûr d’un rock qui sait parfois être bien lourd, tout en n’oubliant pas d’être aussi bluesy et funky, ce qui rend le programme hautement attractif.

Brant Bjork a en effet réussi un savant équilibre entre atmosphères énergiques et moments d’apaisement, où l’on sent poindre une certaine maturité dans les propos musicaux. A désormais 43 ans, Brant Bjork aborde les rivages de l’âge mûr, cette période où on bondit moins haut mais où on fait preuve de davantage d’endurance, où on court moins vite mais plus longtemps. Son album se veut grave et lourd (« The gree heen », « Tao of the devil ») et prend aussi le temps de se perdre dans de magnifiques jams d’où jaillissent des perles d’électricité flamboyante. Dans cette catégorie, deux titres se détachent : un « Dave’s war » de neuf minutes tout en puissance et en pots d’échappement de chopper et un hallucinant « Evening jam », qui déroule des incantations funky, psychédéliques et space rock sur plus de treize minutes, et cela en instrumental intégral. Ce morceau commence sur des territoires très hendrixiens, connaît un milieu cosmique et repart de plus belle pour finir sur un groove seventies à mort, croisement entre les Rolling Stones et l’Allman Brothers Band.

Les guitares tournent comme le ronronnement des Harley sillonnant la Sky Valley (« Humble pie », « Biker No.2 »), la batterie scande des rythmes de danse de la pluie (« Stackt »), la voix de Brant Bjork feule un chant de puma débonnaire (« Luvin' »). L’ensemble ne connaît pas de temps mort et jongle avec la variété des rythmes et des styles. L’album est dédié à Lemmy, Bowie, Prince, Mohammed Ali, récemment disparus, mais aussi à Meredith Hunter, le pauvre garçon noir qui fût tué à coups de couteau lors du tristement célèbre festival d’Altamont en décembre 1969. Pensez à ces héros en écoutant le lancinant titre « Tao of the devil », vous entendrez vibrer leurs âmes dans l’au-delà.

Pays: US
Napalm Records
Sortie: 2016/09/30

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