BARST – The western lands
Derrière le nom de Barst se cache Bart Desmet, un musicien originaire de Halle qui a passé plusieurs années à évoluer dans divers groupes de rock, ou plutôt de post-rock. On peut notamment le remarquer sur l’album « Tri muerti« qu’il réalise en 2015 avec Treha Sektori et RM74. Et finalement, Barst franchit le pas de l’album solo avec « The western lands », composé de deux titres d’une vingtaine de minutes chacun.
Cet album est l’occasion pour Barst de concrétiser sa méthode de travail, à partir de différents instruments, claviers et accessoires musicaux (pédales, samplers…). Le but recherché est en quelque sorte de matérialiser l’immatériel, de sculpter la matière sonore dans le contexte d’un art auditif. Le résultat est une musique foncièrement ancrée dans l’ambient, le shoegaze et un drone atmosphérique. Autant dire que l’on navigue dans les hautes sphères de la musique expérimentale.
L’album de Baarst est ambitieux, il cherche à créer des vagues sonores massives, en évolution constante, tendues par des structures électroniques et ponctuées d’épisodes à la gravité plus ou moins forte. A la façon de l’œuvre de William Burroughs (le titre de son album est une référence directe à un roman de Burroughs datant de 1987), Barst procède par collages sonores, accumulant les sons et les bruits pour les fondre dans un ensemble à plusieurs couches. De nombreux musiciens invités interviennent sur « The threshold:The rite:The passage » et « The Western lands:The fields », issus de la fine fleur de la musique ambiante belge. On trouve ainsi Mike Armine (Rosetta), Dehn Sora (Treha Sektori, Sembler Deah), Karen Willems (Inwolves), Mathieu Mathlovsky (Mathlovsky), Nicolas Van Meirhaeghe (Empusae, Onus), An-Sofie De Meyer (FÄR), Tokyo Oyo et Herr Man.
On évolue au cours de ces deux morceaux d’ambiances planantes à des choses un peu plus rythmées, faisant naître petit à petit une atmosphère dramatique, jalonnée de chants scabreux ou de parties de synthétiseurs inquiétants, jusqu’à l’explosion finale et la conclusion d’une implacable tristesse romantique. Il y a réellement matière à s’esbaudir devant la grandeur du travail effectué ici. Certes, le style de Barst en appelle à des oreilles averties mais la construction qu’il réalise sur « The western lands » est magnifique de cohérence et d’émotion.
Pays: BE
Consouling Sounds
Sortie: 2016/11/25