CD/DVDChroniques

RIDEAU – Rideau

Notre évaluation
L'évaluation des lecteurs
[Total: 0 Moyenne: 0]

Malgré son nom français, Rideau est un groupe suédois, formé en 2014 sur les restes fumants du combo Insekt dont les musiciens Gabriel Öberg (basse) et Carl Magnus Palm (guitare) voient partir leur chanteur en raison de problèmes de cordes vocales. Gabriel Öberg abandonne la basse pour le micro et le groupe continue sous le nom de Rideau, un autre larron d’Insekt (Kristofer Sundberg, batterie) participant à la nouvelle aventure.

Rideau ne compte pas pour l’instant de bassiste officiel et vous allez sans doute vous demander pourquoi l’ancien bassiste Gabriel Öberg ne continue pas à la quatre-cordes tout en chantant. Tout simplement parce que ça ne conviendrait pas à son jeu de scène, qui consiste à sauter dans tous les coins et à monter partout où il peut. C’est plus dur de grimper sur une colonne de projecteurs avec une basse dans le dos…

Car le dynamisme est ce qui caractérise Rideau, qui profère un punk rock néanmoins suffisamment lourd et puissant pour être aussi assimilé à du stoner. Le groupe vient de la même ville que les punks de Millencolin ou les grindcoristes de Nasum, à savoir Örebro. Il y a déjà des influences de ce côté mais on peut aussi citer les Hives ou Refused, et même les Hellacopters ou Dozer. On pense aux Hives parce que les musiciens évoluent sur scène avec des chemises et des cravates et n’ont pas vraiment le look de gros hardeux chevelus parfumés à l’huile de vidange.

La réputation scénique de Rideau va montante et le combo était l’année dernière aux USA en première partie de ses compatriotes de Royal Republic, un autre pot de dynamite suédois. Et sur disque, le groupe ne prend pas de gants. Il ne faut pas se laisser influencer par les premières secondes de « Rideau », qui appellent à la relaxation et à la respiration profonde (« Eye closure »). C’est pour mieux vous déchirer, les enfants, car ce qui suit dans « Ecstasy » ouvre les vannes de l’électricité pure, et c’est parti pour 45 minutes de survoltage maximum, juste tempéré par le petit intermède « Dvala » qui vient calmer les esprits vers le dernier tiers de l’album. Entretemps, des assauts imparables comme « The bull and the dove », « I guess it’s so », « No air, no food, no luck », le dévastateur « Bloodshot » sont venus nettoyer les cervelles à coups de karcher. Les morceaux suivants ne sont pas en reste et achèvent un album sous des piles de guitares chauffées au rouge et aiguillonnées par un chanteur assis sur une chaise électrique. Et le final « December » nous octroie dix minutes de rock lourd plus ralenti mais tout aussi impressionnant.

Le rideau s’ouvre sur Rideau et il va falloir s’accrocher au rideau parce que ces gentlemen sont plutôt doués pour semer le chaos.

Pays: SE
Mutiny Records/OMN/Rough Trade
Sortie: 2016/04/01

Laisser un commentaire

Music In Belgium