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MOSFET – Screwing the devil

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Le heavy metal autrichien n’est pas forcément celui qui est le plus en vue en Europe. Ce pays avoisinant la Suisse (Celtic Frost, Coroner, Krokus, Samael, Hellhammer) et l’Allemagne (faut-il citer ici les 850 plus grands groupes de heavy metal allemand?) se retrouve un peu le parent pauvre de la région quand il s’agit de faire valoir quelques droits dans le domaine du métal. Il y a pourtant quelques petits combos qui défendent la cause avec zèle et dévotion, comme par exemple ce Mosfet, qui oscille entre thrash metal, death metal et rock ‘n’ roll, d’où le style deathlike thrash ‘n’ roll dont il s’est auto-proclamé seul représentant.

Mosfet (qui titre son nom de l’acronyme anglais désignant le transistor à effet de champ à grille métal-oxyde, enfin une information sérieuse dans cette chronique), se forme dans le bled de Machtrenk en Haute-Autriche en 2003. Le trio fondateur est composé de Philipp Essl (chant), Alexander Kleiß (guitare) et Florian Dobretsberger (batterie), rejoints en 2005 par Marc Gruber (guitare) et en 2008 par Patrick Schmuck (basse). Mosfet sort un premier EP du nom de « King of damnation » en 2006, puis envahit le marché autrichien avec ses albums « Sickness of memory » (2010) et « Deathlike thrash ‘n’ roll » (2012). A ce dernier album participent le grand Dan Swanö (Edge Of Sanity) et le non moins grand Tommy Vetterli (Coroner, ex-Kreator).

Le quintet poursuit ici ses méfaits sonores avec un « Screwing the devil » dont la couverture annonce à elle seule toutes les grosses ficelles de ce bon vieux heavy metal. Quelques titres de chansons, tout en poésie parnassienne, révèlent aussi la teneur des propos : « Sexbot », « Booze, boobs and bedroom battles », « Hangover blues », « Metal maniax » et le très délicat « Tales of diarrhoea werewolf, part II: Screwing the devil ». Il faut savoir que le fameux diarrhoea werewolf (le loup-garou de la diarrhée) est la mascotte du groupe, comme Eddy est celle d’Iron Maiden ou la citrouille celle d’Helloween.

Iron Maiden et Helloween sont d’ailleurs les groupes qui viennent à l’esprit lorsqu’on étudie la musique de Mosfet. Un bon gros heavy metal canal historique à la HammerFall ou à la Manowar vient canarder les tympans à coups de riffs musclés et nerveux, servant un chant d’ours en rut enfermé dans un transformateur électrique. On pense aussi à Running Wild, autre gloire teutonne des années 80. Quelques morceaux tiennent davantage lieu de la parodie que de la composition métallique sérieuse. C’est ainsi que « From rare to done », thrash furieux, est soudainement visité par les paroles du « That’s the way I like it », célèbre hit funky des années 70 dû à K.C. & The Sunshine Band. Et en plus, ce titre parle de la façon dont on doit cuire la viande, sujet extrêmement grave, on le voit.

Hormis ce genre de petite plaisanterie, Mosfet tient bon la rampe avec ce disque qui déchire, même si la plupart des effets de guitare ou de rythmique sont bien connus des vieux routiers du métal. On retiendra néanmoins les excellents « Deep dark hole », « Hangover blues » (pas blues pour deux sous et malheureusement très court) ou « Metal maniax » comme porte-drapeaux de ce sympathique album potache à souhait et qui ne se prend pas la tête.

Pays: AT
Office4music
Sortie: 2015/09/11

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