MATUSHKA – Mestopolozhenie
Je vous ai récemment parlé d’un groupe russe (à travers un article qui vient de paraître) pratiquant le rock psychédélique, et ce, dans la pure tradition du mouvement originel allant des sixties jusqu’aux seventies. Musique donc en parallèle des Cream, Byrds, Doors, Jefferson Airplane, Traffic, Sly & The Family Stone, Grateful Dead, Soft Machine, The Zombies, The Jimi Hendrix Experience ou même Pink Floyd, que nos amis russes nous rappellent au bon souvenir des amateurs et des connaisseurs. Pour cet album sorti en 2013, seuls sont présents Timophey et Konstantin qui s’occupent de la guitare, de la batterie et des percussions.
Trois longues compositions construisent donc cet opus, avec un timing allant de 14 à plus de 21 minutes pour le dernier morceau. « Location » démarre sur des chants arabisants voir indous, sur fond de klaxons de mobylettes et de sons feutrés de batterie. Puis vient une guitare plutôt bluesy, qui évolue vers des sons proches de Jimi Hendrix. Des vibrations psychédéliques de la six cordes qui laissent planer notre esprit dans le vague absolu. Plutôt paisible telle une musique d’ambiance, cette dernière s’éveille petit à petit, car tout se met en place avec une batterie plus présente et une guitare plus appuyée. Cette guitare devenant plus tranchante et plus grasse, les cuivres temporisent l’ensemble dans une cacophonie ‘ordonnée’ par nos deux compères. Déstabilisant et quelque peu déroutant, le rock des russes finit par nous tarauder les tripes, dans un délire psychotique !
« Carrier » maintient la tension cérébrale avec toujours cette guitare qui nous crispe à mort, contrebalancée ici par une harpe plus mélodique. Le tempo reste lent au départ, puis la guitare, la batterie et les cuivres, nous emportent comme pour le premier morceau. Attention, cette seconde composition se termine en plein déluge sonique où, la guitare psyché part en tous sens ! Faut s’accrocher, sinon c’est la chute dans le vide absolu.
« Polarity » clôture cette première épreuve de destruction des pavillons auditifs et du cerveau, avec toujours un début lancinant, lourd et gras, puis la guitare repart à nouveau dans un dernier délire avec par exemple, des sons futuristes. Cuivres et caisse-claire emboitent alors le pas, dans un tourbillon qui vous laisse sur le carreau ! Voilà donc une première phase de destruction cérébrale qui s’achève, remercions comme il se doit nos deux compères de Saint-Pétersbourg, car ils ont bien révisés leur copie. Copie qui ne laisse personne indemne, compte-tenu des assauts soniques dont nous venons d’être les cobayes. En cas d’urgence, prévenez la pharmacie et le médecin de garde ! NB : l’album a été redistribué courant 2014.
Pays: RU
Autoproduction
Sortie: 2013/10/25