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CLIMAX CHICAGO BLUES BAND (The) – The Climax Chicago Blues Band

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Dans l’Angleterre de la fin des années 60, la seconde vague du blues boom bat son plein. Des groupes blues de seconde génération se font connaître auprès du grand public. On se souvient bien sûr de formations de haut profil comme Fleetwood Mac, Savoy Brown, Chicken Shack ou les Groundhogs, sans parler de Free ou Led Zeppelin, qui ont aussi commencé par le blues avant de devenir des géants du rock. À un degré moindre, on peut aussi citer le Brunning Sunflower Blues Band et dans les encore plus obscurs, Jasper, Rare Amber ou Black Cat Bones rappelleront peut-être quelque chose à certains. Au milieu de cette profusion, il y eut un groupe – qui existe toujours, d’ailleurs – qui a flotté entre les couches basses et les couches hautes du mouvement blues anglais, sortant de nombreux disques mais n’obtenant que rarement ou modestement des succès commerciaux : le Climax Chicago Blues Band.

L’histoire de ce groupe commence en 1968 à Stafford, petite bourgade anglaise située entre Birmingham et Stoke-On-Trent. Le très jeune Peter Haycock, 17 ans, est fan de blues depuis le début de son adolescence. Il s’est autoéduqué à coups de Muddy Waters, Otis Rush, Jimmy Reed, B.B. King, Bo Diddley après avoir digéré une première influence en provenance des Shadows. À 14 ans, il forme son premier groupe, le Mason-Dixon Line, dont le batteur est George Newsome. Ce groupe fusionne avec des éléments de Gospel Truth, un groupe soul mené par Colin Cooper.

Le Climax Chicago Blues Band naît donc fin 1968 autour de Peter Haycock (guitare et chant), George Newsome (batterie), Arthur Wood (claviers), Colin Cooper (chant et saxophone) auxquels s’ajoutent Derek Holt (basse) et Richard Jones (claviers). Leur manager Peter Riley ne manque pas de culot et contacte directement la société de production A.I.R., dirigée par le mythique George Martin, producteur des Beatles. Celui-ci prend le jeune groupe sous son aile et arrange un contrat discographique avec EMI Parlophone, un des labels les plus prestigieux et les plus respectés du pays à l’époque.

Les choses vont vite puisque le Climax Chicago Blues Band se retrouve début 1969 dans les studios d’Abbey Road, un lieu impressionnant pour ces jeunes blancs-becs qui arrivent de leur campagne du pays noir. On leur adjoint Chris Thomas, jeune producteur débutant qui gagnera plus tard sa notoriété en produisant les Pink Floyd, Elton John, Roxy Music ou Paul McCartney. Mais pour le moment, Chris Thomas est à peine plus gradé qu’un garçon de courses, mais prend des initiatives audacieuses en enregistrant le Climax Chicago Blues Band en condition live et cela en à peine deux jours. Il faut en effet juste 48 heures pour mettre une douzaine de titres en boîte, parmi un répertoire bien maîtrisé par le groupe.

Chris Thomas est quand même assisté par l’ingénieur du son Geoff Emerick, qui a travaillé sur les albums des Beatles avec George Martin. Il ne faut donc pas s’étonner de trouver dans le premier album du Climax Chicago Blues Band un son excellent qui sert des compositions originales ou des reprises de très haute qualité. « Mean old world » ouvre le bal avec classe et entrain, dans un registre blues classique. Le Climax se sort également très bien d’arrangements de blues traditionnels à la sauce rurale (« Wee baby blues »). Sa reprise de « Don’t start me talking » de Sonny Boy Williamson II est d’un classicisme sobre, tandis que le « How many more years » de Chester Burnett est conjugué sur un mode swing tout à fait convaincant. Le pianiste Arthur Wood se fend d’une petite reprise du classique ragtime de Scott Joplin, « The entertainer », qui va devenir célèbre lorsqu’il figurera sur la bande-son du film L’arnaque, à sortir cinq ans après le premier album du Climax Chicago Blues Band.

L’esprit du blues de Chicago n’a jamais été aussi bien mis en valeur par un groupe anglais que sur cet album. Le disque ne rencontre malheureusement pas le succès, sans doute à cause de l’absence d’un hit, d’un titre qui se dégagerait un peu de l’ambiance générale, qui reste d’une grande rigueur d’un point de vue stylistique mais ne cherche pas à séduire un vaste public.

Ce premier album du Climax Chicago Blues Band est donc à (re)découvrir, grâce à la réédition qui en est faite aujourd’hui par le label Esoteric Recordings. Cette réédition livre en plus son petit lot d’inédits, des titres retrouvés dans les tiroirs d’A.I.R. et qui sont au nombre de sept, une véritable manne. Outre trois prises alternatives de morceaux du premier album, on trouve quatre inédits complets. On dit merci qui ? Merci Esoteric !

Pays: GB
Esoteric Recordings ECLEC 2373
Sortie: 2013/02/25 (réédition, original 1969)

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