ALEXX & THE MOOONSHINERS – Live
Alexx & The Mooonshiners (avec trois o, c’est comme ça) arpentent les scènes de France, de Suisse et du Benelux depuis près de cinq ans, accumulant les heures de scène et se posant en solide renard de concert. Ce groupe est fondé en France en 2005 par Lionel Riss, qui s’associe avec la chanteuse franco-écossaise Alex Wokenschroll, une fan de hard rock seventies qui a également donné de la voix dans quelques formations punk. Ils trouvent grâce à l’Internet leur bassiste David Braud, qui sort du Conservatoire de Paris, excusez du peu. Ce dernier a un oncle qui a joué avec Magma et n’avait aucune expérience du blues. Mais le métier entre vite quand on est doué et le trio est opérationnel rapidement, usant des services de batteurs de passage.
La base musicale du groupe est fondée sur le blues mais Alexx & The Mooonshiners avalent aussi du rock ‘n’ roll, du jazz, du métal, du rockabilly, du punk, du funk, du boogie, bref tout ce qui est bon. Le nom du groupe est une série de clins d’œil, d’abord à Mötley Crüe et son bassiste Nikki Sixx (les deux x d’Alexx) et ensuite à Bob Dylan (la chanson « Moonshiner »). Après un premier album en 2009, Alexx & The Mooonshiners reviennent avec un album « Live! » enregistré aux festivals Blues En Chemin et D.L.B.
La reprise du « Whole lotta Rosie » d’AC/DC placée en ouverture de l’album est un appât plus qu’alléchant. On se précipite sur l’écoute avec l’avidité de l’ogre érotomane lâché dans un athénée de jeunes filles et l’on découvre avec stupeur que ce classique du rock enragé et triomphant est traité à la manière d’un bon petit blues bien pépère qui ne ferait pas de mal un moucheron anémique. On en vient à s’énerver contre cette reprise, cette guitare jazzy et la voix graisseuse de cantatrice en surpoids qui vient trahir l’esprit et la lettre du morceau d’AC/DC. L’auditeur irrité s’apprête déjà à massacrer cet album quand soudain, Alexx et ses Mooonshiners sauvent leur peau en continuant leur show avec leurs propres morceaux faits d’un blues électrique enthousiaste et bien fait. La chanteuse devient tout à coup très belle et ses circonvolutions vocales mettent incontestablement l’ambiance sur cette prestation qui revisite également le « Brand new Cadillac » de Vince Taylor ou « True love » et « She’s tuff » des Fabulous Thunderbirds (devenu pour l’occasion « He’s tuff »).
Les compositions originales du groupe sont plus que convaincantes. « Which way » permet de jolies improvisations piquantes de la guitare tandis que « Runaway » fait dans le suave, dans la séduction envoûtante et fatale. « Little green » fait hurler les carburateurs et le final « On est des Mooons » est un funk costaud qui s’envole sous les harangues enfiévrées de la chanteuse à l’égard du public. Finalement, tout ce chahut bien sympathique n’aura qu’un seul défaut ; sa brièveté. Revenez ! On en veut encore !
Pays: FR
Dixiefrog DFGCD 8698
Sortie: 2011
