ENGINEERS – In Praise Of More
Le quotidien du groupe londonien Engineers ressemble à tout sauf à un long fleuve tranquille. Après l’éponyme « Engineers« en 2005, ils se brouillent avec leur label (Echo) alors que leur deuxième album était presque terminé. En conséquence, « Three Fact Fader » ne sortira finalement qu’en été 2009 via Kscope, recueillant au passage bon nombre de critiques positives auprès de la presse spécialisée. Alors que tout semblait se profiler pour le mieux, deux des membres fondateurs, Dan McBean et Andrew Sweeney, décident de claquer la porte. Une réorganisation s’imposait et elle a été plus profonde que prévu puisque le groupe se compose désormais de cinq membres. Autour des deux rescapés Simon Phipps (voix, guitares) et Mark Peters (qui a profité de l’occasion pour passer de la basse à la guitare), on retrouve Daniel Land à la basse, Matthew Linley à la batterie et Ulrich Schnauss aux claviers. Ce dernier a rejoint le line-up sur base permanente, vu qu’il accompagnait déjà le groupe en tournée. C’est dans cette configuration inédite qu’a été enregistré « In Praise Of More », le troisième album d’Engineers.
Autant le dire d’emblée, il s’agit là d’un album déroutant, qu’il conviendra de se repasser plusieurs fois afin d’en maîtriser les composantes, surtout si vous l’écoutez d’une oreille distraite. En revanche, si vous prenez le temps de vous asseoir confortablement dans votre canapé, il en sera tout autrement. Surtout qu’il débute de manière calme, voire planante, avec « What It’s Worth », composition avantageusement mise en avant par une voix androgyne venue d’ailleurs qui hante le morceau. On pense ainsi à l’atmosphère dégagée par l’œuvre des Cocteau Twins à l’époque. « Las Vega » en est un autre excellent exemple alors que « Subtober » emprunte une direction plus trip hop dont l’ambiance pesante doit beaucoup à Massive Attack.
C’est toutefois lorsque les guitares se mettent en action que le groupe devient vraiment convaincant, proposant un shoegazing soft qui laisse une place à chaque instrument (« Press Rewind ») lorsqu’il ne devient pas subtil avec l’adjonction de judicieuses nappes de synthés (« To An Evergreen ») ou qu’il ne prend pas une direction expérimentale à la Radiohead (« Twenty Paces »). Quant au titre qui clôture l’album (le flippant « Nach Hause »), il n’en faudrait pas beaucoup pour qu’il serve de bande originale d’un film d’épouvante. Même s’il ne s’agit pas du genre de plaque à mettre entre toutes les oreilles, « In Praise Of More » dégage quelque chose de captivant pour qui prendra la peine de s’y attarder.
Pays: GB
Kscope kscope160
Sortie: 2010/09/27