MANIC STREET PREACHERS – Postcards From A Young Man
Un an après avoir rendu hommage à la plume contestataire de Richey Edwards (leur guitariste parolier disparu) sur « Journal For Plague Lovers« , les Manic Street Preachers reviennent déjà avec un nouvel album. Il faut remonter près de vingt ans en arrière pour trouver trace d’une productivité aussi intense dans leur chef (leurs trois premiers albums sont sortis entre 1992 et 1994). Il faut croire que James Dean Bradfield, Sean Moore et Nicky Wire avaient besoin de définitivement tourner la page avant de continuer à regarder droit devant eux. Ils n’ont donc pas traîné pour se remettre au travail et publier leur dixième plaque, « Postcards From A Young Man ».
Dans une interview, ils avaient affirmé à l’époque que cet album serait conçu avec une philosophie plus « grand public » et qu’il serait composé de titres destinés à passer sur les ondes. Une déclaration à posteriori tapageuse car, mis à part le single « (It’s Not War) Just The End Of Love » et le radiophonique « A Billion Balconies Facing The Sun », on est loin de leur période la plus commerciale, celle de « This Is My Truth Tell Me Yours » en 1998, qui avait quelque peu décrédibilisé le trio gallois auprès de ses fans les plus fidèles. En parlant de fidélité, ils ont de nouveau fait confiance au producteur Dave Eringa pour mettre en boîte les douze titres enregistrés dans leur studio Faster de Cardiff.
Alors que l’on pensait qu’ils allaient s’engouffrer dans une direction rebelle et anarchiste qui aurait été la suite logique de « Journal For Plague Lovers », ils surprennent leur monde en proposant des compositions certes très indie rock, mais dans l’ensemble allégées par l’utilisation d’instruments classiques (la très réussie plage titulaire, le classieux « The Descent (Pages 1 & 2) ») et même… d’une chorale. Ce dernier point peut faire peur à première vue, mais cela fonctionne assez bien comme sur l’équilibré « Golden Platitudes » ou l’excellent « Some Kind Of Nothingness » (qui bénéficie en plus de la voix caractéristique d’Ian McCulloch).
Outre le chanteur d’Echo & The Bunnymen, on retrouve d’autres invités venus apporter une plus-value à l’album, comme Duff McKagan, l’ex-bassiste de Guns N’ Roses qui fait parler son talent sur le précité « A Billion Balconies Facing The Sun » (rappelons que le groupe d’Axl Rose a été une influence considérable sur « Generation Terrorists », le premier album des Manics) et John Cale, même si sa participation au clavier sur « Auto-Intoxication » ne restera pas dans la postérité. Le fan pur et dur, quant à lui, se retrouvera sur les plus nerveux « All We Make Is Entertainment » et « Don’t Be Evil », qui montrent, une fois de plus, toute la dextérité de James Dean Bradfield à la guitare.
Ce dernier va confier le micro à Nicky Wire le temps de « The Future Has Been Here 4Ever », un titre que la voix maladroite du bassiste rend particulièrement attachant. « Postcards From A Young Man » n’a pas la prétention d’être le chef-d’œuvre absolu de la carrière des Manic Street Preachers mais il conduit le groupe à un endroit où on ne les attendait pas et cela constitue déjà une belle réussite en soi…
Pays: GB
Sony Music 88697741882
Sortie: 2010/09/20