KAT, Henriëtte – Violet Fire
Au royaume de la musique électronique, il y a celle qui fait bouger et danser parfois jusqu’à épuisement, à grand renfort de drogues diverses. Un bon exemple de ce type est la musique concoctée par The Chemical Brothers. Aux antipodes, il y a celle qui pousse à la méditation et au rêve, comme celle de Vangelis. La musique de Henriëtte Kat, une compositrice néerlandaise, répond plutôt à la deuxième définition.
Elle tente d’établir un lien entre la musique et le rêve. Pour atteindre ce but ambitieux, elle utilise un rythme très lent et des thèmes répétitifs qui évoquent un monde immatériel et suscitent des images et des sensations que l’on peut éprouver au cours d’un rêve.
A travers cette recherche, elle privilégie les rythmes très lents au point qu’ils deviennent parfois monotones, voire soporifiques, comme à la fin de « Mount Kailas ». Si l’on veut écouter plusieurs fois l’album jusqu’au bout pour le juger honnêtement, il vaut mieux prévoir une tasse de thé ou de café fort.
Les autres morceaux relèvent de la même logique et sont la plupart du temps très longs et uniquement instrumentaux. Cela ne contribue pas à procurer une quelconque variété ou une quelconque dynamique à l’ensemble. « The Violet Flame » est un peu plus enjoué que la moyenne mais il y a de la part de la compositrice une volonté manifeste de conserver une certaine réserve dans l’apport d’émotion. A force de le vouloir, on verse plutôt dans la sensation que l’on éprouve de façon presque tactile que dans le sentiment.
Cela dit, l’album ne manque pas d’exhaler un parfum de beauté qui s’infiltre sournoisement dans le subconscient mais cela demande de la patience et des efforts suivis que beaucoup ne prendront sans doute pas la peine de faire. A ce sujet, « Atlantis » ne manque pas de charme ni de qualité mélodique et son atmosphère très calme conduit immanquablement à la méditation. Comme c’est le but recherché, on peut dire qu’il est largement atteint.
« Inside » est aussi un morceau plus court qui apporte un semblant de mystère mais on se cantonne toujours dans les limites rigides tracées au départ de l’oeuvre. Pourtant, malgré sa longueur, un morceau comme « Fata Morgana » peut s’avérer intéressant par la rigueur de cette quasi démonstration d’introspection par la musique.
En conclusion, cet album doit être réservé à des personnes rompues à l’écoute de la musique classique et qui ne craignent pas de passer des heures à découvrir ce qui se cache derrière cette oeuvre destinée à des personnes qui ont reçu une formation musicale dans ce sens.
Pays: NL
Musea Records DR 8440.AR
Sortie: 2006/08
