BEARDFISH – The Sane Day
Beardfish nous viennent de Suède. Cet opus est leur second, le premier étant sorti en 2003. Le quatuor aime le rock progressif et plus particulièrement celui de la première partie des seventies. Cela se sent d’emblée. Leur jeunesse lui permet malgré tout un bon dépoussiérage. Et puis ils ne manquent pas d’ambition puisqu’ils offrent ici un double album, qui plus est un concept album.
Le groupe se compose de Rikard Sjöblom (chant, guitare, orgue, claviers), David Zackrisson (guitare, synthés, chant), Robert Hansen (basse, guitare, chant) et Magnus Östgren (batterie). En invités, il y a Rasmus Diamant à la flûte, Christer Jäderlund et Lisa Marklund au chant.
Le premier CD démarre avec une pièce maîtresse de plus de douze minutes intitulée « A love story ». Les couleurs d’un Van der Graaf Generator des débuts s’y retrouvent avec bonheur soutenues par un chanteur dont la merveilleuse expressivité n’est pas loin d’un Hammill. Quand le synthé fait des siennes, Genesis n’est alors pas loin non plus. Le final me rappelle quelque-chose enfoui au fin fond de ma mémoire… plus moyen de revenir dessus. De toute manière peu importe tant que les frissons sont là. Parfois le chant s’aventure dans une expérimentation frisant la folie des Who durant « Tommy ». Ecoutez « The gooberville ballroom dancer » et vous verrez que les Who ne sont pas loin malgré quelques tons jazz-rock. Avec plusieurs chanteurs à l’affiche de ce titre, on frise d’ailleurs l’ambiance d’un opéra rock. Enfin, cette première rondelle contient aussi quelques tranches de Camel du temps de la paire Andy Latimer et Peter Bardens.
Le second CD débute par un morceau titulaire, instrumental aux couleurs douces, classiques et jazzy. « Blue moon », au chant très moderne, nous envahira de ses belles mélodies. Quant à « Waiting room », encore une fois nous voilà plongé dans une ambiance à la « Tommy ». Décidément ce concept nous réserve plein de surprises comme ce splendide instrumental « Ask someone who knows » très camélien ou ce « Now » à l’ambiance captivante et à la voix enchanteresse ou encore ce « The reason of constructing and / or building a pyramid » très crimsonien voire même zappien.
Beardfish est chaudement recommandé aux amateurs de rock progressif aimant Van der Graaf Generator, Genesis et les Who de l’époque « Tommy ». Le côté complexe de certains passages tirant vers le jazz-rock peut aussi faire penser à King Crimson et certaines mélodies plus progressives rappellent le Camel de l’époque Peter Bardens. Encore une chose, ne vous arrêtez pas à une seule écoute. Cet opus en nécessite plusieurs avant de bien s’y sentir, c’est l’indice d’une bonne galette !
Pays: SE
auto-production BEARD 001/002
Sortie: 2005
