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KILLING JOKE – Hosannas From The Basements Of Hell

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Le groupe Killing Joke comprend Jaz Coleman (claviers, chant), Geordie Walker (guitare), Paul Raven (guitare basse) et Benny Calvert (batterie). C’est bien connu, Jaz Coleman est allumé grave, un peu comme Trent Reznor (Nine Inch Nails) ou Evan Dando (The Lemonheads) à leur manière. Son univers est très particulier, c’est un euphémisme, mais son talent est tel qu’il ferait avaler n’importe quelle couleuvre.

Sur cet album, Killing Joke pratique une musique tribale, violente, hypnotique et la voix est limite supportable pour qui ne connaît pas Jaz Coleman. De plus, il nous emmène en enfer pour nous décrire un monde de larmes, de sang, de ténèbres. Mais n’y sommes-nous pas, déjà ? En regardant le monde sous un certain angle, on pourrait le croire. C’est le point de vue choisi par Jaz Coleman dans un monde imaginaire qu’il cultive depuis très longtemps.

Sur une musique percutante à souhait, « Tribal Antidote », avec sa phrase : « Too much pain and suffering/Crying too many funerals/We know the earth is dying », bien que sans doute vraie, donne une vision tronquée du monde à laquelle on peut souscrire si l’on a le goût du morbide. Dans la foulée, sur un rythme … endiablé, « Hosannas From The Basements Of Hell », avec « Anger that poisons my heart/Eating your liver and heartlike voodoo/Just play until you bleed » n’est pas une vision plus positive des choses.

Sur « Invocation (Of The Whore Bitch Goddess Babylon) », accompagné par des cordes, c’est ceci : « Temples are empty – no law/False religions shall rise/Flags of scarlet shall fly/O destroyer of world Babylon ». Ce morceau incantatoire et prémonitoire décrit un monde de ténèbres régi par la force et l’intolérance. « Implosion » nous brosse un autre portrait aussi noir : « We come into this life in blood and tears/We leave this life in blood and tears ». Tout serait-il noir à ce point ? Dans le monde imaginé par Jaz Coleman, on peut répondre par l’affirmative, en tout cas. Mais au niveau du son, ça déménage ferme ! Quelle débauche de décibels ! Quel rythme … infernal !

Sur « Majestic », par une métaphore de plus, sous les sarcasmes, on aborde la problématique de ceux qui tirent les marrons du feu. « Keep everyone in debt/While the big banks own their land/Orwellian Machiavellian Hegelian dialectic/World management has come ». Mais quelle débauche d’énergie! Sur « Walking With Gods », il aborde le problème de la destinée : « Each and every dog has his day/Try harder/Push yourself to the limits of human endurance ». Tous ces titres nous offrent une vision dantesque d’un monde déboussolé où l’individu doit se battre pour y conserver une petite place.

Ils font en sorte que l’on attend « The Lightbringer », celui qui apporte la lumière, le génie humain qui a toujours surgi pour sortir l’humanité de l’impasse où elle s’engouffre, sur un rythme qui évoque The Sensational Alex Harvey Band. Serait-ce une porte de sortie ? On peut croire le contraire à l’écoute de « Judas Goat », qui parle des faux espoirs. Mais « Gratitude » vient nous apporter un certain réconfort en nous parlant des nuages qui se séparent, laissant place à un rayon de soleil. Il aurait donc noirci le tableau pour mieux nous transmettre un message d’espoir ? En tout cas, il fait appel à notre intelligence pour éviter de sombrer dans le chaos.

En supplément, on a droit à une interview et une vidéo où Coleman trône en maître de cérémonie des catacombes, vêtu et maquillé à la façon de Alice Cooper ou encore du très kitsch Kiss, qui eut son heure de gloire il y a bien longtemps. Mais ici, il n’y a pas de place pour l’humour. Ou alors, il est du troisième degré.

Sur le plan musical, il faut noter la performance du guitariste Geordie Walker, dont les riffs reviennent comme un leitmotiv. Il est pour beaucoup dans le son du groupe, même si la rythmique obsédante est très bonne. La nouvelle recrue, Benny Calvert, se défend très bien à la batterie. Quant à la voix de Jaz Coleman, elle sait se fondre dans le paysage ou se transformer en voix satanique selon le contexte.

Rappel des titres :

  1. « Tribal Antidote »
  2. « Hosannas From The Basements Of Hell »
  3. « Invocation »
  4. « Implosion »
  5. « Majestic »
  6. « Walking With Gods »
  7. « The Lightbringer »
  8. « Judas Goat »
  9. « Gratitude »

En bonus :

Vidéo « Hosannas From The Basements Of Hell »
Interview filmée de Killing Joke

Pays: GB
Edel Records / V2 0168372ERE
Sortie: 2006/04/03

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