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ODC – Twisted Love

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Le groupe français ODC, que nous avions eu l’occasion de découvrir au Durbuy Rock et au Kraken Rock & Metal Fest en 2024, se rappelle à notre bon souvenir en cette fin d’année 2025.

Né à Paris en 2017, ODC est la rencontre de deux univers: celui de Célia Do, chanteuse à l’identité vocale marquée, et celui d’un compositeur animé par la même ambition — créer un projet de metal alternatif affranchi des conventions, audacieux, moderne et sans compromis. De cette étincelle est née une odyssée sonore et visuelle. Le nom ODC — acronyme du nom de scène de Célia — désigne ainsi un espace de création totale, où riffs lourds, mélodies accrocheuses et textures électroniques contemporaines se percutent pour donner naissance à un mélange unique d’énergie brute et d’esthétique soignée. ODC assume pleinement son identité : un alliage de metal, de rock moderne et d’ambiances électroniques immersives.

Inspiré par des artistes tels que Devin Townsend, Breaking Benjamin, Linkin Park ou Bring Me The Horizon, le groupe refuse catégoriquement les étiquettes. Il affirme sa propre voix — puissante, hybride, acérée et chargée d’émotion. Leurs morceaux, de véritables mantras modernes, racontent des histoires de liberté, de chute et de résilience. Une musique qui frappe fort — et profondément — dans un dialogue constant entre introspection et explosion.

Après un premier EP remarqué en 2019, « Ending The Boredom« , ODC s’est imposé entre 2020 et 2023 avec une série de singles percutants, affirmant son identité hybride et sa capacité à transgresser les frontières stylistiques.

ODC, ce sont quatre personnalités artistiques distinctes. Il y a bien sûr Celia Do, la front-woman du groupe qui cumule les rôles de chanteuse, fondatrice et productrice. Il y a aussi la très forte présence scénique de Sonny (MX MNK), bassiste issu des scènes hardcore et black metal, également rappeur à l’énergie viscérale. Ajoutez encore à cela Raphaël, guitariste huit cordes mêlant rock classique, hard rock et textures atmosphériques  ainsi que Hector, batteur façonné par la scène death metal, garant d’une puissance rythmique explosive.

Du mélange de ces talents est né « Twisted Love », un premier album caractérisé par une production léchée et son goût assumé pour le mélange des genres, qui donne manifiquement vie à un metal alternatif résolument moderne. La devise du groupe — « Oublier les règles, oublier les cases » — résume parfaitement ce premier album hybride et entièrement assumé.

Dès les premières secondes, « Twisted Love » dévoile son identité hybride qui produit un metal viscéral, nourri de rock moderne, de nu-metal, d’électro, parfois même de rap. Cette volonté de brouiller les frontières est omniprésente et constitue la marque de fabrique du groupe. Le son massif des guitares, souvent jouées sur huit cordes, se mêle à une production dense et parfaitement calibrée pour offrir une musique lourde, mais jamais étouffante. Au milieu de cette tempête, la voix de Célia Do navigue avec aisance : tantôt mélodique, tantôt abrasive, parfois presque rappée ou accompagnée de growls, elle donne au disque son expression émotionnelle la plus directe.

Parmi les morceaux marquants, « My Only Fan » ouvre le bal avec une énergie brute et un sens aigu du refrain accrocheur. Le titre qui a donné son nom à l’album explore quant à lui la dualité qui traverse tout l’album: amour toxique et douceur fragile, rage contrôlée et respiration mélodique. « My Name Is Gold« , satirique et implacable, s’attaque à l’obsession de l’image et aux mirages de la superficialité moderne. Plus loin, des titres comme « Follower » ou « I Need To Breathe » plongent dans des atmosphères plus sombres, presque suffocantes, avant de laisser place à des envolées plus aériennes. Et pour clore l’album, ODC surprend en réinventant « Despechá » de Rosalía en version metal, comme un clin d’œil audacieux qui assume pleinement l’ouverture stylistique revendiquée par le groupe.

Cette audace est l’une des grandes forces du disque. Grâce à une production soignée — réalisée à Nashville — ce premier opus d’ODC atteint d’emblée un niveau sonore comparable à celui des formations internationales du genre. L’écriture est ambitieuse et l’exécution, solide. L’album multiplie les contrastes avec un vrai sens du rythme. Mais cette hybridité est tant une qualité (par son résultat novateur) qu’un défaut potentiel car cette musique résolument moderne pourrait aussi dérouter certains.

Le groupe défend une identité propre, en s’autorisant des prises de risques. Mais le résultat est à la hauteur des efforts consentis. Malgré quelques inégalités, ce premier album frappe par sa personnalité et son ambition. Outre une maturité surprenante et un véritable sens du contraste, on retiendra une volonté farouche de tracer sa propre route dans un paysage metal en constante évolution.

Le groupe :

  • Celia Do – Vocals
  • MX MNK – Bass
  • Raphaël – Guitars
  • Hector – Drums

Liste des morceaux :

  1. My Only Fan (Feat. SUN)
  2. Love, I Tore It Apart
  3. Twisted Love
  4. Follower (Feat. SUN)
  5. The Beauty Of The Beast
  6. My Name Is Gold
  7. I Need To Breathe
  8. If I’d Tried
  9. Raise Your Hands Up
  10. Despechá (Rosalía Cover)

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Pays: FR
Label
: BLKIIBLK Records
Sortie2025/10/31

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