Les Nuits 2026: Dites 33!
Le printemps pointant le bout de son nez, il est temps de penser à la prochaine édition des Nuits Botanique. Les trente-troisièmes du nom se tiendront entre le 14 et le 31 mai prochains selon la même philosophie que celles de l’an dernier. À savoir des soirées thématiques accessibles aux détenteurs d’un ticket unique donnant accès aux trois salles en action.
L’expérience grandeur nature s’étant admirablement déroulée, elle sera donc reconduite moyennant quelques ajustements au niveau de la Fountain Stage, la scène principale en plein air. D’une part, le podium sera rehaussé dans le but d’offrir un meilleur confort visuel depuis les célèbres marches et d’autre part, des gradins remplaceront les ailes pour permettre à un plus grand nombre d’apprécier le spectacle. Elle avait il est vrai notamment montré ses limites lors de l’incroyable set de Osees, en frustrant plus d’un, réduits à n’apercevoir que les nuages de poussière générés par les pogos.
Dans le même ordre d’idées, l’accent sera une nouvelle fois mis sur le confort des festivaliers qui pourront profiter de produits de qualité tant pour la restauration maison que les rafraîchissements, houblonnés et alcoolisés ou non. Le tout en privilégiant des produits bio locaux issus du circuit court. Des espaces détente accueilleront ceux qui veulent se poser pour les déguster tout en profitant des créations plastiques signées cette année l’artiste peintre Gabrielle Mogenet à qui a été confiée la mission de métamorphoser la Rotonde en adéquation avec la végétation du parc. C’est également elle qui égaiera les scènes de son pinceau coloré.
Bien entendu, le moteur des Nuits réside d’abord et avant tout dans sa programmation et, selon la coutume, tout a été mis en œuvre pour séduire le plus grand nombre. D’autant qu’avec le principe des soirées thématiques, l’aspect découverte se voit démystifié pour les moins curieux, à peu près sûrs de trouver chaussures à leurs pieds. Ou plutôt sons à leurs oreilles. En sachant que, cette année encore, une attention particulière a été apportée à la parité de genre.
Les festivités débuteront donc le 14 mai, jeudi de l’Ascension, par la traditionnelle Garden Party dont la programmation sera principalement articulée autour d’artistes issus de deux labels : Nyege Nyege (Ouganda) et Club Romántico (Manchester). Ou comment marier rythmes africains endiablés et sonorités latinos torrides sur un dancefloor forcément ensoleillé. Des influences exotiques que parsèmeront également la Nuit lusophone du mercredi 27 mai via notamment les Brésiliennes Liniker et Mari Froes.
Changement radical de style le week-end des 16 et 17 mai avec la deuxième édition d’Obsidian Dust, événement consacré au métal organisé en collaboration avec MetaDrone (Desertfest). Entre stoner, doom et noise, les amateurs de guitares crissantes et d’hurlements bien sentis seront aux anges deux jours durant. Yob y donnera l’une de ses deux seules prestations européennes de l’année alors que leurs voisins de Red Fang (les deux groupes proviennent de l’Oregon) affoleront les décibels et les voisins immédiats. Parmi une affiche pléthorique, Ufomammut, Piss et Jarboe constitueront un triptyque immanquable.
Rappelons que pendant les Nuits, les portes s’ouvrent en milieu de journée le week-end pour accueillir une quinzaine d’artistes se succédant sur la Fountain Stage, l’Orangerie et le Museum alors que les jours de semaine, ce sont grosso modo huit projets mis en avant dès la fin de l’après-midi. Ce sera donc le cas pour la soirée hip hop francophone emmenée par Ino Casablanca le jeudi 21 mai et celle consacrée à la pop au sens noble du terme avec Mura Masa et Danny L. Harle le lendemain.
Le samedi 23 mai, place à la très attendue Nuit indie pendant laquelle les guitares occuperont une place prépondérante. Les Londoniens de Shame, dont l’étoile avait pâli ces dernières années, sont revenus en pleine forme avec « Cutthroat », une quatrième plaque explosive qu’ils défendront au Bota après avoir ravagé le Trix en septembre. Autre retour en force, celui des Biélorusses de Molchat Doma et de leur post-punk sombre à souhait. Les atmosphères vaporeuses de Suuns (incroyables d’intensité au Micro Festival l’été dernier), celles, envoûtantes de Maria Somerville et les délires hypnotiques de Horse Lords raviront les plus exigeants. Sans oublier My New Band Believe, nouveau projet de Cameron Picton (ex-Black Midi) et les fougueux bruxellois de Stonks dont on reparle dans un moment.
La scène pop rock francophone aura elle aussi droit à sa Nuit extensible le dimanche 24 mai. On y retrouvera la fidèle Fischbach mais également Solann, révélation de l’année aux Victoires de la Musique en 2025. La bruxelloise Camille Yembe, Papooz et Léonie Pernet éclabousseront le complexe du Botanique de leurs arrangements entêtants. Une Nuit à mettre en parallèle avec celle, indie pop, du vendredi 29 mai dont la star sera Iliona. Une programmation directement basée autour de la régionale de l’étape (Maddie Ashman, Sheng, Waterbaby…) . Une manière de célébrer le chemin parcouru depuis son premier concert à l’Orangerie en mode assis pendant le Covid.
La veille, les Nuits célébreront comme il se doit les cinquante ans de l’avènement du punk via ceux qui en ont repris l’héritage et qui en constituent la scène actuelle. Les frappadingues jumeaux californiens The Garden, les excentriques Model/Actriz, les Gallois Panic Shack et la tornade Maria Iskariot (lauréates du Humo Rock Rally 2024 avec leur punk dans la langue de Vondel) feront à n’en point douter honneur à leurs illustres aînés des années 70.
Les Nuits 2026 se clôtureront par deux journées plus pointues. À la croisée des chemins entre l’électro, le jazz, la soul et le R&B, le samedi 30 mai verra se succéder des pointures comme Nubya Garcia, figure de proue de la bouillonnante scène jazz londonienne ou le franco-camerounais Yamê, lui aussi auréolé d’une Victoire de la Musique. Pour la petite histoire, il remplace Ibeyi, initialement prévues comme tête d’affiche pour cause d’agenda décalé. Quant au dimanche 31 mai, ce sont les sonorités expérimentales avant-gardistes qui seront à l’honneur via notamment la pop futuriste du duo norvégien Smerz, celle, ensoleillée de Nick León from Miami et Kiss Facility, le nouveau projet de Sega Bodega.
Qui dit Nuits du Bota dit création. Cette année, le projet se nomme Cazaar! et a été mis au point en collaboration avec les Aralunaires. Elle a été développée du côté d’Arlon par Amaury Louis, l’emblématique leader de Marcel et Pierre Leroy (Pierres). Le post-punk déjanté de l’un et la pop solaire de l’autre, à priori incompatibles, parviennent toutefois à un compromis aussi surprenant qu’improbable. Entre atmosphères médiévales, sonorités dissonantes et mélodies sucrées, il s’agit d’une histoire narrée entrecoupée de morceaux interprétés par des amis musiciens dont Audrey Marot (Annabel Lee) et Aurélien Auchain (Mountain Bike). Y aura-t-il des costumes dans l’équation ? Rendez-vous le 23 mai en début de journée pour le découvrir.
On le sait, une des missions du Botanique est mettre en avant les artistes issus de de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Grâce au soutien financier de la Sabam, une dizaine d’entre eux seront désormais particulièrement soutenus chaque année via des mandats résidentiels. Des projets émergents sélectionnés sur base de coups de cœur des programmateurs maison. Parmi ceux-ci, l’indie folk d’Alice George Perez et le post-punk endiablé des précités Stonks (le 23 mai), le powercore de Forsissies (le 28), la soul expérimentale de Gala Dragot (le 29) et les mélodies introspectives de Sura Sol (le 30) illumineront vos Nuits.
Des Nuits 2026 qui auront lieu entre 14 et le 31 mai. Infos, affiche complète et tickets par ici. Pensez à l’incontournable Botacarte qui vous donne droit à une réduction de 5 EUR sur le prix plein, même le soir du concert… si celui-ci n’est pas complet bien entendu.
