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Des sorcières et des rois au DVG Club

Après avoir bravé le trafic (merci la grève des trains) et la pluie, me voilà présent juste à l’ouverture des portes du DVG Club. Il y a encore très peu de monde et j’ai donc une place de choix au tout premier rang.

Après une petite heure d’attente devant une scène décorée de bannières et d’objets évoquant un univers mêlant des éléments d’epic-fantasy (crânes, marteau de guerre, royauté, etc.) et des références multiples à la sorcellerie, nous voyons débouler sur scène le groupe de heavy metal allemand Hammer King. Habillés en tenues de cosplay, les membres du groupe, à savoir le chanteur Titan Fox V, les guitaristes Gino Wilde et Kalle Swedish Steel, le bassiste Dolph A. Macallan et le batteur Maik W. Grimm, ouvrent les hostilités en nous emmenant dans un royaume étrange gouverné par le « Hammer King », dans un univers épique et théâtral qui fait merveille sur scène.

Sur scène, les personnages-musiciens sont entourés de plusieurs faire-valoir, costumés eux aussi, qui leur apportent à boire dans un calice, une couronne gothique, le marteau symbole de la royauté, des drapeaux ou encore une coupe pleine de (fausses) pièces d’or. Une narration musicale très théâtrale sur fond de heavy/power metal de facture assez classique, inspirée par un répertoire riche de six albums, dont le dernier intitulé « Make Metal Royal Again » est sorti en 2025. Leur univers épique, entre royauté et batailles, se traduit par des riffs accrocheurs signés Gino et Kalle, tandis que la section rythmique composée de Dolph et Maik martèle un tempo implacable. Un régal pour les fans présents en nombre à Courtrai.

Au menu de la setlist, « King for a Day » (2025), « Make Metal Royal Again » (2025), « Kingdom of Hammers and Kings » (extrait de l’album « König und Kaiser » sorti en 2024), « Pariah Is My Name » (extrait de l’album « Kingdemonium » de 2022), « König und Kaiser » (2024), « Hoheitsgebiet » (2025), « Hammerschlag » (2024), « Danger Zone » une reprise de Kenny Loggins figurant sur le dernier album en date, « Kingdom of the Hammer King » (extrait de l’album éponyme, le premier du groupe, sorti en 2015, avant de terminer avec « The Last Kingdom » (2025).

Une prestation énergique en symbiose avec un public très réactif, même sur les titres en allemand, une théâtralité sympathique avec costumes et accessoires, de très jolis solos techniques et des refrains hymniques ont parfaitement chauffé l’assistance, qui a répondu présente dès les premiers morceaux. Bref, une très bonne surprise que cette première partie de qualité.

La température a encore monté de quelques crans, tant au sens propre qu’au sens figuré, lorsque vers 21h15, les lumières de la salle s’éteignent pour accueillir la formation helvétique Burning Witches dont la tournée ‘Witches and Kings’ fait escale ce soir au DVG. Cette tournée sert aussi à promouvoir le sixième opus de sorcières suisses, « Inquisition » sorti l’été dernier. Emmenées par l’ensorcelante Laura Guldemond au chant, les autres sorcières de la congrégation ne sont autres que Courtney Cox (guitare et chant), Romana Kalkuhl (guitare), Jeanine Grob (basse) et Lala Frischknecht à la batterie.

En pleine forme, les cinq artistes ne ménagent pas leurs efforts pour offrir au public belge une sarabande percutante à la sauce heavy/power metal. Laura impressionne tant par ses capacités vocales que par son sens de l’occupation de l’espace. Elle headbangue à qui-mieux-mieux, comme ses collègues du reste. Le public est chaud comme la braise et répond à toutes les incantations venant de la scène. Les sorcières enchaînent les titres avec une précision chirurgicale et une intensité rare. Les duels de guitares entre Courtney Cox et Romana Kalkuhl se succèdent avec une technique époustouflante, portés par la rythmique implacable de Jeanine Grob à la basse et Lala Frischknecht derrière les fûts. Le tout servi avec une attitude scénique affirmée et une énergie communicative qui a transformé le DVG Club en véritable chaudron.

Les principaux extraits du grimoire pour cette soirée magique et ensorcelante proviennent en grande partie de la discographie récente du groupe: « Soul Eater » (2025), « Shame » (2025), « Dance With the Devil » (tiré de l’album éponyme sorti en 2020), « Maiden of Steel » (extrait de l’album « Hexenhammer » de 2018), « The Dark Tower » (extrait de l’album éponyme sorti en 2023, « Sea of Lies » (2020), « Inquisition » (2025), « Release Me » (la ballade du dernier album), « Black Widow » (extrait du tout premier album « Burning Witches » sorti en 2017), « Evil Witch » (2023), « Lucid Nightmare » (2020), « Hexenhammer » (2018), « Wings of Steel » (2020), « The Witch of the North » (extrait de l’album éponyme de 2021) et pour finir le classique des classiques « Burning Witches » (2017).

Avec ce set à l’énergie presque surnaturelle, les sorcières prouvent une fois encore qu’elles n’ont rien à envier à leurs collègues masculins, tant en termes de capacités vocales qu’en termes de dynamisme sur scène. La formation helvétique a démontré qu’on peut parfaitement marier puissance brute et maîtrise technique, tout en gardant cette flamme qui fait le sel du heavy metal traditionnel. Un set intense du début à la fin qui a conquis les metalheads présents, avec des moments de communion particulièrement forts sur « The Witch of the North » et « Dance with the Devil« .

Hammer King et Burning Witches ont offert aux fans belges une soirée de metal comme on les aime : sans fioritures, authentique et énergique. Le DVG Club a vibré au rythme de riffs dévastateurs et de refrains entêtants, prouvant que le heavy metal traditionnel reste un genre vivant et capable de rassembler les foules, même un mardi soir. Forts de discographies solides et de line-ups soudés, les deux groupes ont prouvé avec éclat qu’ils méritent aujourd’hui largement de figurer parmi les formations les plus prometteuses de la scène européenne.

 

Accréditations: Hard Life Promotion
Texte: Anne-Françoise HUSTIN & Hugues Timmermans
Photos © 2026 Hugues Timmermans

 

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