BJ SCOTT et ses Divine Rebels enchantent Bruxelles
Bruxelles, le dimanche 11 janvier 2026. Direction le W:HALLL, le centre culturel de Woluwe-Saint-Pierre. Le public bruxellois est plus chanceux que celui de la veille, car la météo hivernale et les conditions de trafic dangereuses ont contraint BJ Scott et ses Divine Rebels à reporter leur prestation de samedi soir à Seraing. Raison de plus pour apprécier à sa juste valeur ce premier concert de l’année nouvelle.
La personnalité lumineuse et l’incroyable talent de BJ Scott font de chacun de ses concerts un véritable événement. Début 2025, l’artiste avait déjà testé cette nouvelle formule et nous avions eu l’occasion de la voir en concert à Waterloo et à Villers-la-Ville. Deux moments de bonheur musical intense. Nous ne voulions donc sous aucun prétexte manquer le concert de ce dimanche, mus aussi par la curiosité de voir comment les protagonistes ont entre-temps fait évoluer leur concept.
Au-delà de l’artiste, BJ Scott est aussi une personnalité lumineuse et attachante. Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre que les artistes à ses côtés sont des amies de (très) longue date, avec lesquelles elle entretient des liens étroits d’amitié humaine autant qu’artistique. Les amateurs de blues, folk, rock et country les reconnaîtront. Après avoir formé un trio pendant 8 ans sous le nom de Sirius Plan, Claire Joseph (chant, basse), Skye (chant, guitares) et Gaëlle Mievis (chant, batterie) ont suivi des voies différentes : les deux premières ont continué en duo avec le projet Pur-Sang, tandis que Gaëlle prêtait sa voix au groupe Banging Souls.
Quel bonheur de revoir ces quatre artistes réunies sur une même scène pour partager des bonnes vibrations en provenance directe d’Alabama. Un moment exclusivement et entièrement féminin. Un répertoire conçu comme un mélange de classiques revisités et de compositions originales. Des guitares, une basse et une batterie. Et des voix sublimes formant des harmonies qui vous prennent aux tripes.
Si l’ambiance est très « girl power », c’est sous l’angle d’une affirmation de soi en tant que femmes, en dénonçant par exemple l’insécurité de la jeune fille qui se promène seule en rue le soir, mais sans stigmatisation. La démarche est clairement positive et illustrée musicalement par plusieurs titres particulièrement bien choisis.
Le concert est ponctué d’un dialogue constant entre héritage musical américain, engagement social, et écriture personnelle, dans une atmosphère chaleureuse et participative. Entre les différents morceaux, les quatre artistes prennent successivement la parole pour annoncer le titre suivant, avec une mise en contexte, un souvenir commun ou une anecdote, mais toujours avec bienveillance et souvent avec humour (comme lorsque BJ s’excuse d’avoir tardé à revenir en scène parce qu’il faisait sombre et qu’elle avait peur de se prendre les pieds dans les fils). Elles abordent aussi des sujets très forts, ce qui donne des moments chargés en émotion. Le tout magnifié par la musique.
Parmi les reprises entendues, citons le «Crossroads» de Calvin Russell, «Down in Mississippi» de J.B. Lenoir, «Folsom Prison Blues» de Johnny Cash, «The Chain» de Fleetwood Mac, «Can’t Let Go» de Lucinda Williams, sans oublier l’immense «The Daughters» de Little Big Town, une chanson sociale dont le message féministe dénonce les attentes contradictoires et souvent injustes imposées aux femmes et aux filles par la société, la religion, etc.
Les fans de Sirius Plan ont également eu le plaisir de retrouver une composition originale du groupe, avec le magnifique «Old Man».
Quant à BJ Scott, elle a gratifié le public bruxellois de plusieurs titres emblématiques de son répertoire, comme «No Kiss Goodbye», «O Desire» ou encore «Great White Ghost» qu’elle dédie à une amie très chère, installée non loin de la scène, dont c’est l’anniversaire.
Comme à chaque fois qu’elle chante, BJ Scott alterne une grande force vocale, une proximité émotionnelle et une présence scénique habitée, tout en laissant une large place au collectif avec ses trois camarades de jeu. La symbiose entre les quatre est parfaite. Cela se voit et cela s’entend.
Trois titres méritent encore d’être mentionnés. Tout d’abord une très jolie reprise d’un morceau de Mouloudji intitulé «Comme un petit coquelicot», une réflexion poétique et mélancolique, évoquant une passion amoureuse intense mais fragile, avec des thèmes de désir, de jeunesse et de souffrance, le coquelicot symbolisant à la fois la simplicité, la beauté éphémère, et dans d’autres contextes, le souvenir des soldats ou la découverte de la féminité.
On revient ensuite aux racines country et aux images de voyage avec un plongée dans l’imaginaire américain à travers le «Ring of Fire»de Johnny Cash avant de conclure avec le tubissime «House Of The Rising Sun» du groupe The Animals, popularisé en français par le Taulier sous le titre «Le Pénitencier». Repris ici en version bilingue et avec la participation active du public!
En résumé, ce concert de BJ Scott & Divine Rebels au W:Halll a proposé une setlist passionnante, mêlant standards américains, chansons engagées et compositions originales. Il a baigné dans un esprit de sororité et une belle énergie collective née de l’interaction et de la complicité profonde qui unit les 4 artistes. Et toujours une incroyable proximité avec le public. Un message profondément humaniste et très féminin. Des vibrations musicales qui vous vont droit à l’âme. Bref, un moment suspendu comme on ne peut en vivre qu’en concert.
Un répertoire à découvrir en live, car chaque soir a une résonance particulière, en fonction du lieu et du public présent. Il se dit d’ailleurs qu’une captation pourrait donner naissance à un premier cd live dans les mois qui viennent. Croisons les doigts et espérons que l’attente ne sera pas trop longue!

Accréditations: Michel Gudanski et W:HALLL
Texte: Anne-Françoise Hustin et Hugues Timmermans
Photos © 2026 Hugues Timmermans
