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And Also The Trees, Knockin’ On The Devil’s Door

Formation emblématique et singulière, And Also The Trees poursuit inlassablement sa route au sein d’un univers poétique, mélancolique et envoûtant. Après avoir présenté leur dernier album (« The Devil’s Door ») à La Nef de Namur au printemps, les frères Jones étaient de retour dans les environs pour une double prestation à la Rotonde du Botanique et au Reflektor.

Les liens tissés par le groupe et plus particulièrement son leader Simon Huw Jones à la Belgique ne datent pas d’hier. Ils se sont encore resserrés récemment grâce notamment à Catherine Graindorge qui l’a invité à poser sa voix sur quatre extraits de « Songs For The Dead » en 2024. Une expérience prolongée sur scène à plusieurs occasions par la suite, accentuant leur complicité. Bien que présente dans les couloirs du Botanique, cette dernière n’a toutefois pas assuré la première partie.

Ce privilège a en effet été accordé à Oren Bloedow, le co-fondateur d’Elysian Fields qui, casquette vissée sur le crâne et guitare en bandoulière, peinera à capter l’attention d’un public passablement dissipé. Bien que passionnées, ses compositions dépouillées interprétées d’une voix écorchée n’ont pas atteint l’effet escompté. Même si le gaillard était visiblement ému de revenir dans cette salle trente ans plus tard, saluant au passage les fidèles collaborateurs déjà présents à l’époque.

Rassurons d’emblée les liégeois, cette sobre prestation ne lui a en rien coûté son slot le lendemain au Reflektor, le gaillard se produisant dans une petite salle à une trentaine de kilomètres de là. Rien à voir donc avec la rivalité légendaire opposant les habitants de la capitale à ceux de la cité ardente. Les frangins ont toutefois pris le soin de réserver le même sort aux deux publics… dans un premier temps en tout cas. C’est en effet l’instrumental « Rooftop » qui a permis aux musiciens de s’échauffer gentiment avant que le leader n’apparaisse vêtu de son long manteau au col relevé pour « The Crosshair » et « The Silver Key », deux nouveaux titres ensorcelants sur fond de mélodies napolitaines.

Théâtral et habité, Simon Jones vit ses compositions les yeux mi-clos, comme pour mieux incarner les personnages qui les habitent. Sa manière de déclamer ses textes d’une voix précise et caverneuse accentuant au passage le caractère mélodramatique d’un environnement sombre (« Bridges »), orageux (« Your Guess » à Bruxelles, « Beyond Action And Reaction » à Liège) ou tristounet (« Return Of The Reapers »). Un début de set qui le verra rapidement se débarrasser d’une pelure excédentaire pour se retrouver en élégant gilet gris par-dessus une chemise d’un blanc éclatant.

À sa droite, son frère et complice Justin Young distille derrière sa mèche rebelle les riffs précis et lumineux dont il a le secret, pièce angulaire de l’univers d’And Also The Trees, à six ou douze cordes. Mais il n’a pas le monopole de la riche orchestration car outre le bassiste grisonnant Grant Gordon et le batteur Paul Hill au look de Private Banker moderne, on retrouve un nouveau venu. Le généreusement barbu Arnaud Sponar a en effet récemment remplacé Colin Ozanne au poste d’homme à tout faire. Claviers, mélodica, guitare, basse (avec ou sans archet), aucun instrument ne lui résiste.

Outre « The Devil’s Door », l’actualité récente du groupe se focalise sur la réédition de « (Listen For) The Rag And Bone Man », l’album de 2007 augmenté de six démos pour l’occasion. La set-list s’y attardera ainsi via un « Rive Droite » en crescendo bourré d’intensité et un ténébreux « Stay Away From The Accordion Girl ». Bruxelles aura de son côté droit à un lancinant « The Beautiful Silence » et un énervé « The Legend Of Mucklow ». Á l’inverse, Liège profitera d’« I Lit A Light », délicat nouveau titre jusqu’ici parcimonieusement interprété mais aussi d’un « Bloodline » à arracher des larmes lors du premier rappel.

Un peu plus tôt, l’intro au mélodica de « The Trickster » n’aurait sans doute pas laissé Arno indifférent mais ce sont ses détours empruntés au dub qui surprendront des spectateurs dédiés. Parmi ceux-ci, bon nombre ont assisté aux deux soirée et n’auront pas à se plaindre de la variété des sets. D’autant que le passé gothique du groupe se marie parfaitement à la vision mélancolique forgée depuis lors. Les classiques que sont « Virus Meadows » et « A Room Lives In Lucy » n’ont ainsi rien perdu de leur pertinence. Pas plus qu’un envoûtant « Maps In Her Wrists And Arms » le premier soir ou d’un « Scarlet Arch » à la guitare cristalline le second.

Quoi qu’il en soit, les sets se termineront invariablement sur un hypnotique et puissant « Slow Pulse Boy », deuxième rappel dont l’intro kilométrique signée Justin seul sur scène aurait pu se prolonger à l’infini. Un final exemplaire sans le claviériste mais avec un cœur grand comme ça. Ou comment se bonifier avec les années…

SET-LIST BOTANIQUE
ROOFTOP
THE CROSSHAIR
THE SILVER KEY
YOUR GUESS
MAPS IN HER WRISTS AND ARMS
RETURN OF THE REAPERS
THE LEGEND OF MUCKLOW
BRIDGES
THE BEAUTIFUL SILENCE
BROTHER FEAR
STAY AWAY FROM THE ACCORDION GIRL
THE TRICKSTER
THE SUFFERING OF THE STREAM
VIRUS MEADOW

PRINCE RUPERT
A ROOM LIVES IN LUCY
RIVE DROITE

SLOW PULSE BOY

SET-LIST REFLEKTOR
ROOFTOP
THE CROSSHAIR
THE SILVER KEY
BEYOND ACTION AND REACTION
SCARLET ARCH
DIALOGUE
RETURN OF THE REAPERS
VIRUS MEADOW
MOTHER-OF-PEARL MOON
BRIDGES
A ROOM LIVES IN LUCY
I LIT A LIGHT
STAY AWAY FROM THE ACCORDION GIRL
THE TRICKSTER
RIVE DROITE

BROTHER FEAR
BLOODLINE
MISSING

SLOW PULSE BOY

Organisation : Botanique / Reflektor / DRF Booking

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