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Travis à l’AB, du bon boulot mais trop peu d’émotion…


Vendredi 12 décembre, une soirée glaciale sur Bruxelles pour notre dernière visite de l’année à l’Ancienne Belgique. Au programme pour tenter de nous réchauffer les oreilles, les écossais de Travis qui revenaient en Belgique après plus de 6 années d’absence… Pour ceux qui s’en rappellent, leur concert du 6 novembre 2001 avait été reporté au 8 février 2002, pour cause de MTV Music Awards. Et pour être complet, sachez que le prix du ticket était quasi identique à celui de ce soir (970 BEF contre 25 EUR).

19h30. C’est l’heure à laquelle la première partie, The Alexandria Quartet, a commencé son set. Inutile de vous dire qu’à cette heure-là, la majorité des spectateurs (dont moi) étaient encore sur le chemin de l’AB pendant que d’autres pestaient en tournant à la recherche d’une place de parking (merci le marché de Noël…). Dès lors, ce n’est qu’au début de la dernière chanson de ce groupe anglo-norvégien que nous avons pénétré dans la salle. Que vous dire, si ce n’est que le chanteur a un peu la tête des frères Reid (The Proclaimers) avec les grosses lunettes pas discrètes qui vont avec, ainsi qu’une acné, on va dire, assez prononcée… Sa voix fait un peu penser à celle de Damien Rice et si j’ai bien vu, ils étaient cinq sur scène. Le comble pour un quartet…

Travis a sorti en septembre dernier son sixième album, « 
Ode To J. Smith
« 
, moins de 18 mois après « 
The Boy With No Name
« 
. Une cadence infernale pour un groupe qui a, il faut bien le reconnaître, son heure de gloire derrière lui. On est bien loin de « The Man Who » (la meilleure vente d’albums en Angleterre en 1999) ou de « The Invisible Band » (2001). A vrai dire, ces jours-ci, rien ne ressemble plus à un album de Travis qu’un autre album de Travis et leur dernière livraison n’échappe pas à la règle.


Il est à peine 20h30 et le groupe est déjà sur scène, appliqué sur les accords de « Chinese Blues » et dans les premiers rangs, les groupies ne se sentent plus. Fran Healy porte une petite barbe rebelle, un chapeau noir vissé sur la tête et une chemise de bûcheron à carreaux (histoire de ne pas prendre froid en sortant du bus de tournée, sans doute). A sa gauche, le guitariste Andy Dunlop est complètement débraillé et laissera apparaître un torse velu. Le bassiste Douglas Payne a un air faussement cool (mâcher un chewing-gum pas trop discrètement, cela aide…) et le batteur Neil Primrose est caché derrière son instrument. Pour compléter le staff, un claviériste de tournée les accompagne sur scène.

C’est ensuite « Selfish Jean » et « Writing To Reach You » qui se succèdent sur la set-list et on se rend compte que, même si cela joue bien, l’interprétation reste calme et gentille. Ce qui n’est toutefois pas pour déplaire à un public dont la moyenne d’âge avoisine la trentaine et dont le tableau de chasse affiche sans doute Coldplay, Starsailor ou Embrace. Qu’à cela ne tienne, Fran Healy ne tient pas en place, il se déchaînera durant tout le set, grimpant sur les amplis, atterrissant en grand écart et il passera même une chanson entière dans la salle, aux côtés des spectateurs, avec qui il aura un excellent contact (mais qu’est-ce qu’il est bavard…).


Retour ensuite à « Ode To J. Smith », un album concept que le leader du groupe compare volontiers à un livre dans lequel chaque chanson s’apparente à un chapitre. On parcourra dès lors quelques pages avec « J. Smith », « Something Anything » et « Long Way Down » dans l’ordre qui est le leur sur le disque. Par après, le groupe se lancera dans un énorme best of qui résumera assez bien leur carrière, et dont on retiendra surtout « Driftwood », « Sing » et « Closer » (c’est là que l’on se rend compte qu’ils ont un paquet de singles efficaces à souhait). Ils reviendront par deux fois sur leur nouvel album via les excellents « Song To Self » et surtout « Before You Were Young », avant que « Turn » ne clôture momentanément la session.

Deux surprises nous attendaient pour le rappel. D’abord, une cover drôlement bien ficelée du « I Kissed A Girl » de Katy Perry (notons que Travis aime ce genre d’exercice puisqu’il s’était déjà attaqué à l’époque au « Baby One More Time » de Britney Spears). Ensuite, une version acoustique de « Flowers In The Window », interprété à la manière de Coldplay quand ils se retrouvent les uns à côté des autres à l’image des petits chanteurs à la croix de bois. La dernière chanson sera « Why Does It Always Rain On Me? », sur laquelle Fran Healy réussira à convaincre le public de sauter à pieds joints pendant le dernier refrain. Une belle performance…

Cela dit, notre conclusion sera un peu plus nuancée. Malgré des morceaux de très grande qualité, reconnaissons que leur interprétation gentillette nous a laissé un peu sur notre faim. Le genre de concert inoffensif avec lequel on se régalerait sur un site de festival en milieu d’après-midi, couchés dans l’herbe…

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Travis

Photos © 2008 Olivier Bourgi

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