Interview du groupe End Of The Dream
Grâce à notre collaboration avec JMB Events et le label Painted Bass Records, Music In Belgium a été invité à une séance de préécoute du nouvel album du groupe néerlandais End Of The Dream. Nous nous sommes donc rendus le 1er avril au studio In The Room situé à Kaatsheuvel, non loin de Tilburg (Pays-Bas). Après un court point presse, nous avons eu l’occasion d’écouter l’intégralité de l’album
«Until You Break» qui sortira le 11 mai prochain. Au terme de cette séance, deux membres essentiels du groupe nous ont accordé une interview: le guitariste Armen Shamelian et la chanteuse Micky Huijsmans

MIB: Bonjour à vous deux et merci de nous avoir invité à cette séance de préécoute passionnante. Comment décririez-vous votre nouveau cd de End Of The Dream, «Until You Break», qui est déjà le second opus du groupe? Qu’est-ce qui le différencie du premier album «All I Am»?
Armen: Je pense que le groupe a évolué tant au niveau individuel qu’au niveau collectif. Le volet production a aussi nettement évolué. Nous avons voulu soigner la production en consacrant beaucoup d’attention aux morceaux choisis pour figurer sur l’album, aux arrangements, aux répétitions… Contrairement au premier album, nous avons tout enregistré de manière professionnelle en studio. On peut donc dire que nous avons bien progressé sur tous les tableaux.
Notre écriture a aussi évolué et gagné en maturité. Je pense sincèrement que le second album est meilleur que le premier.
MIB: À la première écoute, il m’a paru plus puissant. On entend aussi que l’album présente une plus grande cohésion entre les différents membres du groupe ? :
Armen: C’est exactement ce que nous recherchions.
MIB: Qui écrit la musique et les textes?
Micky: C’est Armen qui écrit la musique et les textes.
MIB: Comment choisissez-vous les sujets abordés dans les textes des morceaux?
Armen: Pour la musique, j’ai puisé mon inspiration en partie chez Chopin dont on entend une composition sur un des titres de l’album. Mais comme pour les textes, je puise surtout mon inspiration de la vie et de mon vécu personnel. J’ai vécu toutes sortes d’événements personnels, pas toujours positifs, qui m’ont donné l’idée de certains textes. J’écris sur toutes sortes de sujets qui me passent par la tête. Je ne me fixe pas un thème dominant. Les idées viennent au gré des événements que j’ai vécus.
MIB: Compte tenu de ce côté biographique dans l’écriture d’Armen, ne trouves-tu pas difficile, Micky, de t’approprier ces textes pour les interpréter et les faire vivre sur disque et par la suite sur scène?
Micky: Au début, c’est un peu difficile. Armen et moi, nous nous connaissons bien et je suis donc au courant de ce qu’il vit. Si je prends l’exemple du titre «Erase Me», je comprends tout à fait ce qu’il essaie d’exprimer et je peux me projeter dedans. Il est alors plus facile de trouver le ton juste pour l’interpréter au mieux.
MIB: Pendant la préécoute, j’ai été frappé par l’interaction entre les guitares et la batterie qui me paraissent plus présentes que sur le premier album. Était-ce un choix délibéré?
Armen: Cela s’est mis en place lorsque nous avons commencé à travailler avec Joost Van Den Broeck, juste après avoir enregistré les démos. Nous avons réalisé un gros travail avec lui pour trouver les bons équilibres entre chaque instrument et la voix. Tous les riffs s’enchaînent avec une fluidité parfaite. Ces équilibres, nous y avons aussi beaucoup travaillé pendant les répétitions. Nous voulions absolument avoir un vrai son de groupe, où chacun a sa place. Et c’est un choix délibéré d’avoir opté pour un son plus puissant.

MIB: Comment procédez-vous pour l’écriture des lignes de chant?
Micky: Armen écrit aussi les lignes de chant. Mais c’est en fait parce que les lignes de chant servent d’ossature à l’écriture de la musique du morceau. Quand il écrit un morceau, il a en général une idée assez précise du résultat final.
Armen : Je confirme. Tout repose sur la partie chantée. La musique se construit autour de la mélodie chantée.
MIB: C’est original car beaucoup d’artistes commencent souvent par écrire une musique ou un texte et les lignes de chant ne viennent qu’ensuite.
Armen: Le chant est vraiment le cœur de notre musique. Si on ne conserve que la partie chantée et une guitare toute simple, le morceau tient déjà la route. Si la base est bonne, tout le reste est une question d’habillage, même si cet habillage peut être très complexe.
MIB: Micky, ta façon de chanter a-t-elle évolué entre le premier et le second album ? Que peux-tu nous en dire?
Micky: Certainement. Quand j’ai récemment réécouté le premier album, j’ai été frappé par le chemin parcouru car je ne chante plus du tout de la même manière. Je pense que je suis capable de faire plus aujourd’hui qu’à l’époque et surtout j’ose chanter autrement. Le second album est moins technique sur le plan vocal et plus puissant. Plus authentique aussi.
MIB : Durant la préécoute, j’ai eu l’impression qu’il y a plus de contraste dans les parties chantées. Tu chantes dans un registre plus grave et dans le registre plus aigu. On entend des ambiances par moment plus calmes et des passages tout en puissance. Où se situe ta zone de confort ?
Micky: Je pense que ma zone de confort s’est quelque peu élargie. Je parviens à exprimer beaucoup de choses dans le registre grave, plus proche du registre de ma voix parlée. Mais ma zone de confort englobe aussi des tonalités plus hautes. J’aime alterner les deux.
MIB: Quelles influences ont été déterminantes pour le deuxième album ? Quand on écoute l’album «All I Am», la filiation avec Evanescence saute aux yeux. Cette influence est encore perceptible sur le second album, mais dans une moindre mesure. Quelles sont vos autres influences ?
Armen: Je pense que l’écriture du second opus est plus personnelle et moins le résultat d’influence externes directes. Je me suis senti plus libre de déterminer comment chaque morceau devait sonner.
MIB: Lorsque vous remonterez sur scène à la sortie de l’album, y a-t-il des titres d’autres groupes ou artistes que vous aimeriez reprendre pour vous faire plaisir?
Micky: Nous avons fait deux reprises dans le passé : un titre de Skelet et un de Deftones. C’était amusant à faire, mais je ne pense pas que c’est à l’ordre du jour. Avec deux albums à notre actif, nous avons suffisamment de titres en réserve pour nous concentrer sur notre propre répertoire.
MIB: Va-t-on avoir des concerts avec End Of The Dream comme tête d’affiche?
Armen: Nous avons quelques shows de prévus aux Pays-Bas comme tête d’affiche, mais les dates doivent encore être annoncées. Nous sommes très excités à l’idée de nous produire sur scène pour un show complet et plus simplement comme support d’un plus grand groupe.
MIB: Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir?
Micky: Que le nouveau cd nous permette de faire une très longue tournée, aux Pays-Bas et en Europe, mais aussi sur d’autres continents.
Armen: Que le cd soit bien accueilli. Mêmes si les ventes ne sont pas notre première préoccupation, il est clair que mieux l’album se vendra, plus nous pourrons faire des choses nouvelles et à une plus grande échelle. Mais je souhaite surtout pouvoir faire une belle tournée.
MIB: Comptez-vus enregistrer prochainement un live?
Armen: Cela viendra certainement un jour. Nous continuons de travailler beaucoup sur nos prestations en live. Quand nous serons satisfaits du résultat, je pense que nous le ferons. Je trouverais ça très cool. Nous n’avons encore aucun projet concret, mais l’idée est là…
Micky: Sans doute enregistrerons-nous d’abord un clip en live dans les mois qui viennent. Mais pour un DVD en live, il faudra encore un peu patienter.
