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SOLITUDE WITHIN – Disappear

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Quand j’ai eu entre les mains le CD du groupe belge Solitude Within, j’ai immédiatement pensé à l’excellent groupe suédois Evergrey . Et bien que nenni! C’est dans le genre du métal symphonique à chanteuse que sévit le combo belge composé d’Emmelie Arents (voix et claviers), Jean-Paul « JP » Laffargue et Johan Van Criekingen (guitares), Quincy Van Overmeire (basse) et Ashley « Ash » Ysewyn (batterie).

Dès les premières notes de l’album «Disappear», je suis impressionné d’entendre à quel point le groupe s’est gorgé des sonorités de groupes comme Within Temptation et Delain. La construction du morceau «Blame» ressemble tellement à une composition delainienne (époque «Lucidity») que cela en devient presque gênant (a fortiori quand les paroles répètent «… we are the others… »).

Rien à redire sur le niveau de jeu des musiciens (même si certains sons fleurtent parfois avec un certain amateurisme) et la voix d’Emmelie est exempte de tout reproche. Mais Charlotte, Martijn et les autres doivent avoir les oreilles qui sifflent version akoufènes monstrueux.

Certes, les éléments symphoniques sonnent plus comme ce qui se pratiquait dans les années ’80 chez des groupes comme Kayak et les guitares ont un son et des rythmes plus hard rock, mais quand même. Le lien de filiation écrasant avec l’univers musical de Within Temptation et Delain, mais aussi avec d’autres groupes comme Epica a un peu tendance à occulter tout le reste…

L’exemple le plus parfait nous est sans doute donné par le titre «Morrigan» qui commence par une superbe intro gothique (cloche, orgue et chœur d’église) sur laquelle vient se greffer l’exacte ligne mélodique du refrain de Within Temptation et pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, la première ligne du couplet est quasiment identique à celle de son illustre modèle… S’il s’agit d’un hommage, le trait est vraiment trop marqué pour ne pas tomber dans la caricature, voire le plagiat.

Vient ensuite le très (trop ?) delainien «Fly», fort bien desservi par la voix d’Emmelie. On embraie avec «Burn» (rien à voir avec Deep Purple), une compo légèrement plus originale, mais toujours marquée du sceau batave temptationien («Let Us Burn»). Emmelie joue d’ailleurs avec sa voix qui prend des inflexions très proches de celles de Sharon.

Le morceau qui donne son titre à l’album est un bel hommage aux groupes du genre et fait plus dans la nuance. La seconde partie de l’album me paraît d’ailleurs plus inspirée en ce sens qu’elle se détache un peu (très peu) des artistes auxquels le groupe voue de toute évidence une admiration proche du culte sectaire. La production me semble aussi meilleure (notamment sur le morceau «In My Mind»).

Mention spéciale au morceau «Paralyzed» (mon préféré de l’album) et à ses riffs très Stream of Passion.

Bref, un album qui a fatalement un air de déjà vu, tant il se complait dans une forme de copie extrême du style Within Temptation et Delain. Le nom du groupe lui-même, certaines phrases musicales et les thématiques abordées affichent une proximité quasi outrancière avec les illustres modèles du groupe.

Si l’album peut s’écouter avec un certain plaisir pour les amateurs du genre, il reste un peu « too much » par moment et risque d’être accueilli tièdement par le public qui préfère généralement l’original à la copie.

Gageons qu’avec le talent présent, le groupe parviendra, dans un second opus, à s’émanciper un peu plus de ses illustres prédécesseurs et à créer une musique certes influencée, mais dotée d’une plus grande touche d’originalité.

Liste des morceaux :

  1. Fade Away
  2. Blame
  3. Morrigan
  4. Fly
  5. Burn
  6. Disappear
  7. In My Mind
  8. Eternal Flame
  9. Turn Away
  10. Paralyzed
  11. In The Dark

      Pays: BE
      BoxFish Records
      Sortie: 2017/05/12

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