HEDERSLEBEN – Orbit
Après avoir écouté le troisième album d’Hedersleben, « The fall of Chronopolis« , j’avais espéré de mes vœux une évolution toujours plus intéressante de ce groupe au nom allemand mais en fait composé d’Américains et d’Anglais. Les espérances sont désormais comblées avec la nouvelle livraison du groupe de Nicky Garratt, « Orbit ».
La grande cohérence de cet album et sa parfaite insertion dans le continuum discographique d’Hedersleben naissent en fait d’un paradoxe, puisque Nicky Garratt a renouvelé tous ses musiciens, prenant le risque de se retrouver avec des collaborateurs en pleine prise de repères au détriment de la cohésion musicale. Ce risque a été écarté et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Alicia Previn (chant et violon), Jai Young Kim (claviers et chant), John Daren Thomas (batterie et percussions) et Doc Miller (basse et chant) ont tout de suite trouvé leurs marques pour servir les compositions de ce nouvel album, principalement dues à la plume de Nicky Garratt (guitare) mais sur lesquelles Jai Young Kim, Alicia Previn et Doc Miller participent activement.
« Orbit » est un nom bien trouvé pour un album qui va mettre en interaction du rock progressif à l’anglaise façon Curved Air (« History of light », « Judas star »), du krautrock cosmique rappelant Embryo (« Rarefied air ») et des touches de space-rock stratosphérique (« Distant sun », « Hedersleben Dreamstate »). La voix percutante d’Alicia Pervin donne du coffre aux chansons de l’album qui ne se perdent pas en circonvolutions progressives inutiles (neuf titres, 35 minutes, quatre minutes en moyenne). Les chansons parlent d’étoiles, de soleil, de nuages, de lumière, d’air raréfié et de périgée (« Perigee »), qui est le point de l’orbite elliptique d’une planète où elle est le plus proche du centre de l’astre attracteur, un rappel utile à tous les docteurs en astrophysique que nous sommes. Pas à dire, on ne descend pas ici en dessous de l’orbite géostationnaire et ce voyage intersidéral est alimenté par l’énergie et l’intelligence des morceaux, enrichis de violon, de synthés très seventies et d’une guitare efficace qui sert de liant entre tous ces titres (« Be there »).
Hedersleben reste ici fidèle à son style, une musique qui ignore tout ce qui s’est passé après 1973 et qui nous renvoie dans la belle époque du rock progressif pour chevelus à chemises à fleurs et pantalons patte d’éléphant. En ouvrant le journal ce matin, j’ai appris qu’il y avait un nouveau film d’horreur, « L’exorciste », qui faisait un carton et que les Israéliens avaient été attaqués par les Egyptiens le jour du kippour. Avec cette guerre au Vietnam, le monde devient de plus en plus dangereux. Vivement les années 2010, où il y aura la paix éternelle et la prospérité mondiale!
Pays: US
Purple Pyramid Records
Sortie: 2017/05/19