CD/DVDChroniques

BLACK TEMPLE – It all ends

Notre évaluation
L'évaluation des lecteurs
[Total: 0 Moyenne: 0]

Ce groupe suédois est nouveau sans vraiment l’être, car Black Temple s’appelait auparavant Odyssey et avait déjà commis un album du nom d’« Abysmal despair » en 2012, sur l’excellent label suédois Transubstans. Estimant qu’il y avait trop de groupes appelés Odyssey (ce qui n’est pas faux), Marcus Witold (guitare), Jesper Karlsson (batterie) et Jonas Pedersen (basse et chant) ont préféré opter pour Black Temple, un nom qui a aussi été choisi par d’autres groupes, mais en moins grand nombre.

Difficile d’être original de nos jours avec les noms de groupes et, à moins de choisir des noms en sanscrit ou des phrases stupides de plusieurs mots, de nombreux groupes sont condamnés à porter des noms qui ont déjà été imaginés par le passé. Et ce n’est pas Oasis (un groupe américain des années 70 portait déjà ce nom) ou Nirvana (qui a choisi le même nom qu’un groupe psychédélique anglais de la fin des années 60) qui diront le contraire.

Et justement, comme le montrent les exemples d’Oasis et de Nirvana, ce n’est pas parce qu’on manque d’imagination dans le choix du nom de son groupe qu’on en est aussi dépourvu pour la musique. Black Temple, avec son époustouflant premier album, en est une preuve vivante. Ce groupe avait déjà acquis une solide réputation de groupe dévastateur sur scène. Il était même considéré comme le combo le plus sauvage de Suède en concert. Ici, Black Temple réalise un petit coup de maître non seulement par la qualité de ses chansons, brutes et romantiques à la fois, mais aussi par le choix de son producteur, qui n’est autre que le grand Magnus Lindberg de Cult Of Luna.

L’expérimenté producteur a réussi à emmener Black Temple sur des terrains rarement explorés, ceux d’un hardcore intimement mêlé à du stoner. Les aspects hardcore du groupe sont tellement affinés qu’on se demande si c’en est vraiment et les murs de guitare développent un côté stoner et sludge qui n’en est cependant pas tout à fait. Une minuscule pellicule de screamo ou d’émocore vient aussi s’insinuer dans cette impressionnante machinerie, amenant l’auditeur à des croisements improbables, du genre Nirvana rencontrant Cult Of Luna ou Alesana flirtant avec Steak Number Eight.

On se retrouve donc avec neuf morceaux compacts et puissants pour un disque qui avoisine les 37 minutes, durée idéale qui permet de rentrer dans un album, d’en retirer la substantifique moelle sans se perdre dans du remplissage inutile. Black Temple lâche son chanteur au timbre clair mais hurleur sur des structures de riffs pesants et pas trop rapides, soutenues par une rythmique qui se veut volontiers envoutante et étouffante. Des titres comme « Unlikely event », « Acid rain », « Lowpoints », « Sleep with the stars » lancent de colossales salves de chagrin et de désespoir, avec un chanteur toujours à la limite de la rupture et des fracas d’instruments tourmentés et implacables. Il ne se dégage malheureusement pas un morceau plus marquant que les autres, car tous les morceaux sont marquants et le disque doit être écouté – vécu, même – dans son ensemble, puissant et triste.

Nous n’avons plus qu’à recommander chaudement cet excellent « It all ends » qui, comme son nom ne l’indique pas, est plutôt un début pour un groupe prometteur. En tous cas, c’est à espérer vivement.

Pays: SE
Century Media
Sortie: 2015/08/28

Laisser un commentaire

Music In Belgium