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NICKELBACK – Dark Horse

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Le sixième album de Nickelback est sorti en 2008, mais il semble que le label Roadrunner en fasse aujourd’hui une réédition spéciale pour le marché européen, avec un DVD bonus en prime. Ceux qui n’avaient pas écouté cet album pourront ainsi le redécouvrir, en se disant que ce n’est jamais plus qu’un album de Nickelback.

Ce groupe canadien est en effet un mystère dans l’histoire du rock. Jamais on n’a vu un groupe aussi durement descendu par la critique rencontrer autant de succès, surtout sur le continent américain, où ses albums se classent régulièrement à la première ou deuxième place des charts américains et canadiens. C’est vrai que de nos jours, il est rare de trouver un groupe qui fait l’unanimité négative des critiques. Le cas de Nickelback rappelle un exemple plus ancien : Led Zeppelin, qui était aussi massacré par la critique mais vendait des millions d’albums. Mais quarante ans après, Led Zeppelin est la référence rock totale, alors que Nickelback, dans quarante ans…

Formé en 1995, le groupe composé de Chad Kroeger (chant et guitare), Mike Kroeger (basse), Ryan Peake (guitare) et Daniel Adair (batterie) a atteint les sommets commerciaux au long de ses albums « Curb » (1996), « The state » (2000), « Silver side up » (2001), « The long road » (2003), « All the right reasons » (2005) et « Dark horse » (2008). À chaque fois, ce furent des ventes massives et des levées de boucliers en provenance de la presse. Ce groupe que l’on classe dans le post-grunge mais qui est au grunge ce que Blink 182 est au punk est-il au final aussi mauvais que ça?

Tout est une affaire de goût et de lois de la relativité. Quand on sait que le jeune public est livré en pâture à des horreurs comme Tokio Hotel ou Avenged Sevenfold, on peut aussi admettre que le public un peu plus « mûr » soit aussi tombé entre les mains du grand business avec Nickelback. Dans la mesure où de tels groupes n’empêchent pas les vrais furieux de commettre des albums, on peut se dire que chacun est libre d’écouter ce qu’il veut et que de toute façon, tous les types qui écoutent Nickelback sont autant de concurrence en moins qui affluera aux concerts de Motörhead ou de Slayer.

Pour en revenir à ce « Dark horse », on conclura après écoute que ce n’est pas si épouvantable que ça, mais que les musiciens de Nickelback n’ont quand même pas inventé la poudre à lessiver. Les débuts constitués de « Something in your mouth » et « Burn it to the ground » sont une sympathique entrée en matière, tout comme le très musclé « Next go round ». Mais à part ces quelques titres, le reste sonne assez plat et convenu, le chant de Chad Kroeger n’étant pas en mesure de donner suffisamment d’impulsions et de variations d’ambiances. Comme souvent, ceux qui n’aimaient pas continueront de détester et les fans continueront de vénérer. Il faut néanmoins mentionner la production, exécutée ici par le très expérimenté Mutt Lange (AC/DC, Def Leppard, Foreigner…) et qui apporte aussi sa contribution au sauvetage du disque. Sans ça, Nickelback aurait bien été capable de nous donner envie d’écouter tout Bon Jovi.

Un dernier mot sur le DVD bonus : celui-ci contient plusieurs clips de certaines chansons de l’album (« Gotta be somebody », « If today was your last day », « Burn it to the ground », « Never gonna be alone », « This afternoon » et son making of, ainsi que trois extraits vidéo de concert (« Burn it to the ground », « Animals », « something in your mouth »).

Pays: CA
Roadrunner RR 8028-4
Sortie: 2010 (réédition, original 2008)

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