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STARR, Ringo – Liverpool 8

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Avoir fait partie des Beatles n’est pas toujours un avantage. Aucun n’a fait aussi bien en solo que ce qu’il a fait à l’intérieur du groupe, à part peut-être Lennon. De plus, des quatre de Liverpool, Ringo Starr a toujours été considéré comme le moins doué. Pour lui et pour George Harrison, subir la comparaison avec Lennon ou McCartney n’a jamais été une sinécure. George Harrison, lui, a plus ou moins tiré son épingle du jeu. Mais entre nous, sur cet album, Ringo n’a vraiment pas l’air tracassé. Il fait son petit numéro sans se soucier le moins du monde du « qu’en dira-t-on ». Il respire même le bonheur de vivre et la bonne humeur.

Bien qu’un peu suranné, on peut même dire, au niveau des paroles aussi bien que de la musique, que cet album a quelque chose de rafraîchissant. Quatre titres comprennent le mot « Love » à une époque marquée par la haine et la violence. Ringo Starr, l’homme tranquille, n’en a cure. Pour mener à bien cet album, Ringo a fait appel à Mark Hudson, comme d’habitude, mais aussi à Dave Stewart pour un dernier polissage.

Composé avec l’aide de ce dernier, « Liverpool 8 » est empreint de nostalgie et évoque le temps béni de sa jeunesse dans une ville qui lui a tout donné. Mais il évoque aussi cette période bénie avec la sagesse de celui qui est toujours un peu resté un observateur attentif et critique vis-à-vis de la notoriété. Sa philosophie mêlée de regrets fait plaisir à entendre et remet en place certaines idées reçues. Si tous les rockers pouvaient s’inspirer de cette sagesse et oublier un peu leur ego …

« Think About You » ressemble plus à un morceau pour piano bar. Personne n’y fait trop attention mais ça meuble les temps morts des conversations banales habituelles aux relations humaines. « For Love » est un morceau limite naïf venant d’un homme qui en a vu d’autres, notamment à l’intérieur du groupe. Pourquoi toujours mettre l’accent sur ce qui divise ? Les hommes politiques belges, aux pensées et aux idées souvent étriquées, pourraient en prendre de la graine.

« Now That She’s Gone Away » est aussi une évocation du passé mais sur une musique tonique qui fait paraître le sujet moins austère. Le producteur Mark Hudson fait partie des choeurs. « Gone Are The Days » est le morceau psychédélique qui évoque cette époque fertile pour les Fab Four. Ringo voit ça avec du recul et jette un œil compatissant voire même attendri sur les excès en tous genres de cette époque. Il faut plus que ça pour lui faire perdre son self-control.

Sans comporter le mot « love », « Give It A Try » traite aussi de la nécessité de passer sur les petits travers de chacun. Ce n’est pas le meilleur titre de l’album et il frôle le morceau de variété. « Tuff Love » est bien dans la note Beatles avec sa mélodie pop rock et la philosophie peace and love chère aux hippies. Très piano bar aussi, « Harry’s Song » est un titre plus basé sur l’humour et la dérision qui avait cours dans le groupe au début, avant l’arrivée de Yoko Ono.

« Pasodobles » est incontestablement le point faible de l’album. Cette fantaisie hispano semble être là pour séduire une minorité ethnique dans un but commercial. Le chant y est assez poussif. « If It’s Love That You Want » et « Love Is » font aussi partie du package « peace and love » distribué pour le même prix. Le très bon gospel « R U Ready » complète le tableau et termine l’album dans une sorte de mélancolie.

Sur cet album inégal, Ringo semble passer en revue les différentes époques heureuses ou malheureuses de sa vie en général et de celle avec les Beatles en particulier. Il jette un regard attendri sur une jeunesse tumultueuse mais bien digérée, dans son chef en tout cas. Sur le plan musical, il est pareil à lui-même. Il n’a jamais été un compositeur génial capable de transcender un album à lui seul mais ce n’est pas ça que son public attend non plus.

Pays: GB
Capitol / EMI 509995 17388 22
Sortie: 2008/01/14

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