LOWE, Nick – Jesus of Cool
On peut se demander ce qui pousse une firme de disques à rééditer en 2007 une oeuvre datant de 1978. On suppose que le décideur est un fan invétéré de Nick Lowe et qu’il veut absolument le faire connaître par les générations suivantes. Sinon, on voit mal l’intérêt de porter à la connaissance du grand public des morceaux certes agréables à écouter mais qui ne changeront en rien l’avenir du rock. Le producteur de cet album s’appelle Gregg Geller.
Ceci dit, Nick Lowe mérite d’être connu pour sa capacité à tout faire lui-même, ses compositions, son sens de la mélodie et son humour. Il a fait partie de très nombreux groupes et a été à la base du succès relatif de Brinsley Schwartz, un groupe de pub rock qui a connu son heure de gloire au début des seventies et qui, sous l’impulsion de Nick Lowe, contenait certains ingrédients qui allaient mener au punk rock anglais.
A sa dissolution en 1975, Nick Lowe, qui n’avait rien de l’attitude punk, s’est lancé dans une carrière solo et est devenu producteur, un job qui lui allait comme un gant. Il a notamment produit The Damned, Elvis Costello, les Pretenders, Dr. Feelgood et les Bay City Rollers, un groupe écossais très prisé par les jeunes filles en fleur. Lowe a tenté de se faire virer par la firme United Artists mais elle a voulu le garder à tout prix avant qu’il ne décide d’aller chez Stiff Records.
En 1978, il a sorti son premier album solo, « Jesus of Cool », rebaptisé « Pure Pop For Now People » pour l’Amérique. Il a aussi fait partie de Rockpile pendant quelques mois avec Dave Edmunds. En 1992, comme bassiste, il a surtout fait partie de Little Village avec Ry Cooder, qui jouait notamment de la slide et de la mandoline, John Hiatt, l’homme à tout faire, et le fameux batteur Jim Keltner mais le groupe n’a duré que quelques mois, essentiellement pour des raisons financières.
L’album est constitué de 21 morceaux assez courts et variés, principalement axés sur la pop et le rock. On y découvre les multiples facettes du talent de composition (il a écrit 13 titres seul) et du sens de la mélodie de Nick Lowe, de même que son humour décapant. Les onze premiers titres figurent sur le LP anglais de 1978, de même que « They Called It Rock » et « Rollers Show », qui ont changé de place. La version américaine était à peu près semblable abstraction faite de l’ordre des morceaux.
« Shake That Rat », « Born A Woman » et « Endless Sleep », une très belle ballade, sont des extraits de l’EP « Bowi » avec « David Bowie », « I Love My Label » est un extrait humoristique de l’album « A Bunch of Stiff Records », « Halfway To Paradise » est un single où figure notamment Dave Edmunds, « Cruel To Be Kind » est un titre promo sorti en simple et « I Don’t Want The Night To End » est également sorti en simple. Tous ces titres complètent le LP anglais et portent la durée de l’album à plus de 62 minutes.
Album pop rock très sixties, varié et bien produit, dont le mérite essentiel est de faire mieux connaître un artiste talentueux qui n’a jamais connu de succès planétaire sauf peut-être par personnes interposées comme producteur.
Pays: GB
Proper Records / Rough Trade CHOSEN1
Sortie: 2008/02/18