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KNOPFLER, Mark – Kill To Get Crimson

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Ce nouvel album de Mark Knopfler plaira à ses admirateurs. Le côté nostalgique de « Shangri-La » a été préservé. L’intermède avec Emmylou Harris et la tournée ont été couronnés de succès et l’ont conforté dans sa conviction de se consacrer aux nombreuses compositions qu’il n’a jamais terminées. Ici aussi, la réussite est totale. Sa musique est un mélange de folk, de rock et de blues et ses ballades sont toutes plus belles les unes que les autres. Il n’a pas son pareil pour créer un climat intimiste. Ses chansons, c’est comme s’il nous les racontait à l’oreille. Elles s’installent un peu plus dans le subconscient à chaque écoute.

Cette fois, il a utilisé son studio personnel avec, comme d’habitude, Chuck Ainlay à la production mais cette fois, il est aidé par Guy Fletcher et Mark Knopfler lui-même. Il veut pouvoir mieux contrôler le résultat final. Il chante et joue de la guitare, et de quelle manière, son fidèle Guy Fletcher tient les claviers, Glenn Worf joue de la basse et de la contrebasse et cette fois, c’est Danny Cummings qui joue de la batterie et assure les percussions. L’équipe est ainsi réduite par rapport à « Shangri-La », même s’il fait parfois appel à une section de cuivres et d’autres instrumentistes occasionnels, et ses compositions semblent plus encore que d’habitude aller directement à l’essentiel.

C’est ce climat intimiste qui régit l’album. Sa façon unique de jouer de la guitare ne recherche jamais la performance mais sert le morceau. « True Love Will Never Fade » est une réflexion sur l’amour. Mark Knopfler nous livre les souvenirs d’une période heureuse et tente d’en démonter les mécanismes. Qu’est-ce qui fait que deux personnes sont attirées l’une vers l’autre ? Pourquoi l’amour ne dure-t-il pas toujours ? Agrémenté d’un beau passage joué à la flûte, « The Scaffolder’s Wife » est un regard tendre vers l’épouse vieillissante qui a consacré une vie de travail à sa famille et s’est flétrie petit à petit en pensant aux autres.

« The Fizzy And The Still » est une ballade douce amère dont les paroles vantent les mérites des retrouvailles en famille, ce qu’il affectionne particulièrement. « Heart Full Of Holes » est un morceau qui parle des difficultés passées et des échecs mais il n’a pas à rougir de ce qu’il est devenu et il vit en paix avec lui-même. C’est aussi une interrogation sur la mort. Que devient le survivant après la mort de l’être aimé ? « We Can Get Wild » évoque le départ obligé de l’enfant de la maison familiale et les sentiments partagés des parents : la fierté d’avoir élevé leur enfant mais aussi la tristesse de le voir partir. Mais c’est la confiance en l’avenir qui l’emporte. « Secondary Waltz » est bien sûr joué sur un air de valse. Il évoque l’apprentissage maladroit de la danse pour la fête scolaire à Noël et demande un peu de compassion pour les débutants.

« Let It All Go » encourage le fils à ne pas trop se tracasser et à laisser aller les choses. Les choses se mettent en place en temps voulu. C’est aussi un morceau qui traite de l’obsession vis-à-vis de certaines choses. Pour l’auteur, c’était une guitare rouge foncé qu’il regardait tous les jours en passant devant le magasin. « The Fish And The Bird » parle des couples maudits et de l’opprobre qu’ils doivent subir. Ils sont condamnés à errer toute leur vie. « Madame Geneva’s » est aussi une ballade triste et « In The Sky » évoque le retour au bercail au soir de la vie.

Le DVD montre les interviews (en anglais) de Mark Knopfler, Guy Fletcher, Glenn Worf, Danny Cummings et Chuck Ainlay, le producteur, entrecoupées d’extraits de quelques titres de l’album.

Cet album de très bonne qualité, qui n’est pas autobiographique sauf « Secondary Waltz », est une sorte d’inventaire des différentes phases heureuses ou malheureuses de la vie. A la jeunesse insouciante succède le départ dans la vie loin des parents. Viennent ensuite les expériences heureuses ou malheureuses, puis la vieillesse qui voit les liens se resserrer ; l’être aimé et la famille sont les seules choses qui subsistent du passé quand on a cette chance de les avoir. Mark Knopfler, qui aime toujours autant les tournées, va aller jouer cet album notamment à Moscou au mois d’avril, un honneur que beaucoup voudraient pouvoir partager. Sa tournée passe aussi par la Belgique. Voyez notre agenda.

Pays: GB
Mercury Records / Warner 1724911
Sortie: 2007/09/14

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