EPSILONS – Killed ‘em Deader ‘n’ a Six Card Poker Hand
Profitant sans doute du jeunisme ambiant et du succès de la série « Newport Beach » (« The OC »), ces quatre joyeux adolescents californiens de l’Orange County déferlent sur le monde avec leur deuxième album, toute énergie juvénile dehors. C’est bruyant, c’est violent, c’est de l’ersatz de punk ou du mauvais garage rock, à vous de choisir. Ils disent même qu’ils font du southern rock / screamo / breakcore. Pour être screamo, c’est screamo. A vous arracher les oreilles ! Mais la jeunesse aime ça. Qui les a éduqués, après tout ?
Michael Anderson tient les claviers et en joue à sa façon chahutée, Roland Coslo martyrise la batterie, Ty Segall compose la plupart des « textes », gratte la guitare, chante et Charles Moothart joue de la basse. Si vous sentez poindre l’émergence d’un zeste d’ironie, il se pourrait que vous soyez perspicace. Si on osait un jeu de mot débile, on dirait que quand ça s’énerve, la Moothart leur monte au nez. Mais comme c’est complètement naze, mieux vaut s’abstenir. Comme disait Alain Bashung, « faut savoir dire stop ».
Ceci dit, dans le genre, ce n’est pas si mal. On sent même poindre ici et là un frémissement de l’influence des Doors, notamment au début, quand l’orgue tente d’émerger tant bien que mal de cette bouillie sonore iconoclaste et bruyante. Cette musique s’adresse aux ados de treize, quatorze ans, tout au plus. Et encore. On finirait par tomber amoureux de Kelly Clarckson. Les Epsilons prennent la place laissée vacante par Good Charlotte, Blink 182 ou Sum 41, qui ont changé de public et de registre. Il faut que jeunesse se passe.
Mais la musique, direz-vous ? Elle est trop. « I Hate (Your Face) » donne le ton. On vous assène ensuite du « Drunk On Love », histoire de ne pas vous laisser reprendre haleine, puis on vous laisse littéralement groggy avec « Problems ». Enfin, il y a « You’re a Liar », qui vous laisse pour mort, histoire de vous rappeler vos défauts. Peut-on être plus clair ? Bien fait pour vous, sales bourgeois. C’est pas du Brel mais on vous l’envoie quand même dans les gencives.
La tournante, le jeu du foulard, les passages à tabac filmés, les moqueries géniales qui poussent le copain au suicide, … C’est trop top. C’est choquant ? Raison de plus pour le dire. Nous les djeunes, on prend le contre-pied et on vous balance du « Sunshine » ! La tendresse, on ne connaît que ça ! Ecoutez « Cecilia » et « Teeny Boppers », pour voir. Vous voyez ? « My Momma Said » et « Papa Told Me » . Raison de plus pour ne pas le faire. Pas question d’adopter leur vie médiocre et de travailler de « 9 – 5 ». Pas si bêtes, nous les djeunes. Faut qu’on s’éclate !
Sans vouloir jouer les gourous, ce n’est pas Epsilons qui va faire aimer le pseudo punk à ceux qui détestent ça. Pour ceux-là, j’ai une bonne nouvelle : le CD dure 27 minutes 28 secondes, montre en main. Si par hasard un de vos copains passe un de leurs titres au cours d’une soirée, prenez patience : les morceaux ne durent que deux minutes et demie en moyenne. Plutôt que de s’énerver …
Les titres :
- « I Hate (Your Face) »
- « Drunk On Love »
- « Problems »
- « Stronger Than Dirt »
- « Seaview, Wilson? YIELD! »
- « You’re a Liar »
- « Sunshine »
- « Cecilia »
- « Teeny Boppers »
- « My Momma Said »
- « 9 – 5 »
- « Papa Told Me »
Pays: US
Retard Disco / Bang! RET 015
Sortie: 2007/06/18
