MOTIS – L’Homme-Loup
Fondé en 2000, Motis publie ici son septième album, « L’Homme-Loup ». Le précédent, « Prince des Hauteurs », datait de janvier 2005. Le multi-instrumentiste et chanteur Emmanuel Tissot, alias Motis, reste toujours aux commandes de cette formation, stabilisée depuis 2003.
Les musiciens :
- Emmanuel Tissot (Motis) : Chant, Guitare, Mandoline, Bouzouki, Epinette, Basse, Taurus, Mellotron, Moog, Hammond, Rhodes & Compositions
- Rémy Diaz : Batterie, Percussions & Compositions
- Florent Tissot : Flûte traversière, Chœurs & Guitare solo (11)
+ - Guillaume Grenard : Trompette
- Alan Daniel : Violon
- Clovis Caron : Chœurs
- Alexandre Lambert : Chœurs
- Delphine Tissot : Chœurs
Les titres (53’27) :
- « Isengrin » (5’07)
- « P’tit Louis » (4’26)
- « L’Ermite » (5’17)
- « La Dame et le Dragon » (5’42)
- « Les Normands » (3’58)
- « La Trahison » (7’03)
- « L’Enchanteur » (4’00)
- « Allons mes Compagnons » (4’05)
- « L’Artaban » (4’39)
- « Madrigal » (5’25)
- « L’Home-Loup » (3’45)
A l’écoute, ce nouvel opus conserve la même direction au niveau des thèmes et des textes, toujours axés autour de l’univers médiéval. Par contre, la musique a tendance à encore plus s’éloigner de cette voie. Elle pénètre même dans l’univers des années soixante et intègre des accents psychédéliques tant dans l’utilisation des instruments que dans la production des atmosphères. Dans cet aspect, bizarrement, Aphrodite’s Child et ses trois membres (Vangelis Papathanassiou, Lucas Sidéras et même Demis Roussos, en excluant son rôle de chanteur) pointent le bout de leur son nez. Jethro Tull et Steeleye Span restent bien présent, tout comme Ange et Malicorne. Autre nouveauté, la guitare électrique disparaît presque complètement de ces titres.
L’histoire de « Isengrin » tourne autour du « grand méchant loup ». Elle reste classique dans le répertoire de Motis. Les caractéristiques en sont la vitesse d’exécution, le chant omniprésent, la couverture de claviers, une basse bien marquée.
Dans « P’tit Louis », les textes sont toujours très travaillés, mais l’utilisation des instruments à cordes, dont la mandoline, leur confère plus de fraîcheur.
« L’Ermite » accomplit une synthèse des pièces précédentes et s’oriente vers le « Progressif ». Elle comprend un intéressant solo de flûte.
Le premier titre vraiment intéressant s’appelle « La Dame et le Dragon » : belle mélodie, beaux textes, rythme saccadé, premières lignes doucement psychédéliques et intervention appropriée à la flûte.
Malgré des textes reflétant les invasions nordiques, « Les Normands » évoluent sur un étonnant rythme « Reggae » dans lequel s’intègre l’orgue et les percussions. Pas mal !
« La Trahison » ne manque pas d’ambition. Sur une mélodie variée, cette plage déborde dans plusieurs genres. Par exemple, elle absorbe des traits instrumentaux d’Aphrodite’s Child ou de Demis Roussos (écouter « On the Greek Side of my Mind ») ; le solo de trompette lui donne une couleur « Jazzy » ; …
Jolie pièce, « L’Enchanteur » garde les couleurs psychédéliques des claviers. Le brillant batteur Rémy Diaz prolonge ses coups et les fait vibrer comme pouvait le faire Lucas Sideras.
En gardant les mêmes caractéristiques, « Allons mes Compagnons » réintègre quelques rythmes plus typiquement « Folk ».
« L’Artaban » retrouve un Motis plus classique, entre Ange et Malicorne.
« Madrigal » manque de direction et, en définitive, d’attrait.
Par contre, « L’Homme-Loup » trouve la direction, mais pas l’attrait.
En conclusion, un album qui semble montrer un groupe à la croisée de différents chemins. Sans être de qualité médiocre, la pertinence de l’ensemble et sa consistance n’apparaissent pas aussi évidentes que pour « Prince des Hauteurs ». Une petite déception !
Pays: FR
Musea Parallèle MP 3062.AR
Sortie: 2007/01
