CALI – Menteur
Cali invite l’Irlande et l’Espagne dans un deuxième album assez inégal, mais qui est sauvé par la qualité des textes et une inventivité musicale qui devrait lui garantir un succès populaire.
Revenons deux ans environ en arrière: la Nouvelle Chanson Française accueille un nouveau venu, avec une gueule et une gouaille qui attire l’attention. Le premier album de Cali « L’amour parfait » est un succès : 400.000 exemplaires vendus.
Sur la pochette du deuxième album, c’est presque la même photo, sans les griffures de chat sur le visage du premier album. Les blessures ici sont moins visibles, mais il est toujours question d’amours déçus, de règlements de comptes amoureux (ses détracteurs le traitent de misogyne). Pour Cali, l’amour est un bonheur éphémère et « le bonheur est un chien qui traverse une quatre voies » (« Pour Jane »), n’est jamais très loin de la mort (« Je sais ») et laisse des cicatrices. Le verbe de Cali est aiguisé comme le cutter évoqué dans « Je ne vivrai pas sans toi ». Quoi qu’en dise les mauvaises langues, il manie la langue française avec finesse, jouent sur les rimes. Avec peut être une tendance à essayer d’être le premier de la classe lorsqu’il accompagne ses chansons avec un orchestre et qu’il s’aventure sur un terrain musical plus classique sur « Roberta » et « Menteur ».
Cali a enregistré cet album en Irlande et en France près de Perpignan. Dans de nombreuses interviews, l’homme avoue une passion pour les Waterboys, et il invite le violoniste du groupe Steve Wickham sur plusieurs titres. Cette touche irlandaise apporte beaucoup de caractère à l’album, comme les envolées lyriques sur « Je te souhaite à mon pire ennemi ».
Sur « Qui se soucie de moi », single moyen entendu sur les ondes radios qui ouvre l’album, le timbre de la voix de Cali ressemble à celui de Bono et les chœurs apparaissent comme des gimmicks empruntés à U2.
Heureusement, « Je m’en vais » est plus léger avec son duo violon -piano plutôt guilleret. Dans « Pauvre Garçon » et ses riffs de guitare acérés, le duo avec Daniel Darc fonctionne plutôt bien.
Sur Le vrai père », dernier titre de l’album, Bruno Caliciuri évoque la détresse d’un père séparé de son petit garçon dans une chanson poignante.
Pour reprendre le titre de l’album, serait-ce finalement Cali le « menteur »? Cette détresse ne serait-elle pas son fonds de commerce ? Il faut peut être se laisser plus de temps à découvrir la richesse des textes et rendre grâce à sa culture musicale qui donne à cet album un souffle d’Irlande et d’Espagne.
Au terme de l’écoute, on peut parier que le second album de Cali sera lui aussi un succès populaire. Mention honorable dans l’ensemble, tout particulièrement pour « Je sais » et « Je ne vivrai pas sans toi ».
Pays: FR
Virgin 09463374572
Sortie: 2005/10/03
