Smith/Kotzen : un moment unique au Zik-Zak
Ce samedi 7 février, le Zik-Zak nous offrait un concert de légende : d’un côté Adrian Smith, guitariste d’Iron Maiden depuis leur deuxième album Killers en 1980 (jusqu’en 1989, puis de 1999 à nos jours), et de l’autre le prodige de la guitare Ritchie Kotzen, révélé au grand public en 1993 avec son passage dans Poison, mais ayant également joué avec Mr. Big, avant de fonder The Winery Dogs avec Billy Sheehan et Mike Portnoy.
L’un fait partie du plus grand groupe de heavy metal encore en activité et a écrit ou coécrit des titres qui font aujourd’hui partie du patrimoine mondial (ou presque) ; l’autre est un musicien plus touche-à-tout, mêlant les styles avec une aisance déconcertante. Adrian Smith avait déjà abordé le chant sur une face B d’un single d’Iron Maiden, avant de lancer son premier projet solo sous le nom d’ASAP avec Silver and Gold en 1989. Il enchaînera ensuite deux albums avec Psycho Motel, puis collaborera avec Bruce Dickinson, lui aussi alors éloigné d’Iron Maiden dans les années 90.
Ritchie Kotzen, de son côté, s’est affirmé au fil du temps comme un excellent chanteur, en plus d’être un guitariste surdoué, ce qu’il n’a cessé de démontrer au cours d’une carrière solo particulièrement riche. L’association entre ces deux musiciens a débuté vers 2020, au détour de quelques jam sessions, donnant naissance à un premier album l’année suivante. Un second opus, Black Light/White Noise, est sorti en 2025, et le duo est actuellement en tournée européenne. Les voir programmés dans une salle intimiste comme le Zik-Zak peut paraître surréaliste ; inutile de dire que le concert affichait complet depuis belle lurette : les quelque 300 personnes présentes ce soir-là peuvent mesurer leur chance.
C’est Kris Barras qui était chargé d’ouvrir les hostilités avec son groupe. Ancien professionnel de MMA, on peut dire que son changement de carrière est plutôt radical, et de fait très réussi. Barras est un excellent chanteur, et ses compositions offrent un hard rock moderne teinté de blues, l’ensemble servi avec des grooves assez musclés à l’instar de These Voices, Monsters We Made ou My Parade. Le groupe est relativement jeune, en plein forme, et leur prestation est d’excellente qualité. À suivre ou à découvrir, ils en valent largement la peine.
Les héros de la soirée font leur apparition sur scène à 21 h précises en interprétant Life Unchained, suivi de Black Light et Wraith. Voir ces deux monstres sacrés de la musique dans une formule ‘club’ est un vrai plaisir, et on sent qu’ils s’amusent tout autant que le public. La voix de Kotzen a ce grain qui n’est pas sans rappeler le regretté Chris Cornell. La section rythmique est assurée par Julia Lage (épouse de Ritchie Kotzen) à la basse et Bruno Valverde (Angra, Kiko Loureiro…) à la batterie. Inutile de dire que ça cogne et que c’est précis. Parmi les titres proposés, citons notamment Hate and Love, Taking My Chances, White Noise. En guise de rappel, You Can’t Save Me, issu de l’excellent album solo de Kotzen Into The Black, sorti en 2006, et… Wasted Years of course. Comme on dit, les absents ont toujours tort, même si les places étaient peu nombreuses. Ils seront à Cologne le 23 février, dans une salle qui peut accueillir environ 1500 spectateurs. L’ambiance sera certes différente, mais si vous avez l’occasion d’y aller je vous le recommande vivement.
Sinon, la prochaine fois que nous aurons l’occasion de voir Adrian Smith en Belgique, ce sera avec Iron Maiden le 29 juin prochain à Anvers. Ce concert fait partie de la tournée Run For Your Lives, au cours de laquelle le groupe revisite les neuf premiers albums – la meilleure époque pour la majorité des fans. Pour les accompagner ce jour-là, il n’y aura ni plus ni moins que Epica, Testament, Doro et Fleddy Melculy, excusez du peu. Infos et tickets ici.
Photos : Axel Tihon
