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Sweet little Mystery Lights

Pile une semaine après avoir retourné le Casino de Sint-Niklaas, The Mystery Lights a bouclé sa tournée européenne au Botanique. Plus précisément dans une Rotonde en ébullition qui a vu la bande à l’intenable Mike Brandon défendre avec brio sa couronne de leader incontesté du revival psyché sixties made in USA.

Judicieusement choisis pour assurer la première partie, les Anversois de Tuff Guac ont patiemment construit leur set en y conférant de plus en plus d’intensité. Si Rafael Valles Hilario ne porte malheureusement pas le chapeau qui orne la pochette d’« I Want It Too », le dernier album du projet publié chez Belly Button l’an dernier, le regard démoniaque qui est le sien sur celle de « Swanky Love » le trahit sur scène. Mais les grimaces et les pas de danse du guitariste à sa gauche (qui actionne un mini synthé de temps à autre) confirment que nous sommes en présence de gais lurons. De gais lurons loin d’être des manchots, à l’instar d’un batteur particulièrement en verve. Sa rythmique soutenue contribue ainsi pleinement aux sautillantes compositions garage colorées, à l’instar notamment du speedé « Mr Fear » et du délirant « I’m Not A Man ».

Voici déjà deux ans et demi que « Purgatory », le troisième album de The Mystery Lights, a vu le jour sur le label Wick Records, une subdivision du renommé Daptone. Un album qu’ils étaient venus présenter au Museum du Botanique et au Cactus Club de Brugge en octobre 2024. L’été dernier, c’est de nouveau à Brugge, mais au Cactus Festival cette fois, que Mike Brandon et ses camarades ont sidéré les spectateurs qui les connaissaient pour la majorité à peine. Pas étonnant vu que c’est d’abord et avant tout sur scène que la magie opère et le public de la Rotonde savait ce soir dans quoi il mettait les pieds et les oreilles.

Cela a d’ailleurs commencé à du cent à l’heure via le bien nommé « Mighty Fine & All Mine », un extrait de cet album qui condense sans aucun doute leur travail le plus abouti à ce jour. Tout comme celle de « Melt » dans la foulée, sa structure carrée permettra déjà à l’athlétique leader monté sur ressort de s’illustrer en frappant notamment la cymbale de ses pieds entre deux riffs de guitare. Éminemment sympathique, ce charismatique grand dadet maigrichon à la voix perçante et nasillarde attire immanquablement tous les regards.

Cela dit, réduire le groupe à ce seul personnage serait manquer de respect à des musiciens drillés dont la cohésion et l’enthousiasme crèvent l’écran. Qu’il s’agisse de la claviériste, du batteur, du guitariste ou du bassiste, on perçoit une véritable unité et une joie de vivre communicative. Pour preuve, dans le public, les mouvements de foule se font de plus en plus pressants et, si des pogos dans le sens strict du terme tarderont à apparaître, l’expression « jump or die » s’imposera à ceux qui se retrouveront acculés entre la fosse et les marches de la Rotonde. Comme sur le nouveau et spontané « Kids Of Today » dont l’effet sera immédiat.

The Mystery Lights, ce sont des influences vintage, un environnement psyché sixties et une bonne dose d’autodérision parsemée de cris plaintifs isolés. Entre un « Memories » qu’aurait pu brailler Robert Plant, un soutenu « Purgatory » et un saccadé « Trouble », le groupe balancera les extraits de son dernier album en date assez tôt dans le set. Et comme la moyenne des titres ne dépasse pas les trois minutes, on vous laisse imaginer l’explosif débit imposé aux spectateurs. Le surf punk de « Traces », l’immédiateté de « Too Much Tension » et les nappes entêtantes du bluesy « Watchin’ The News Gives Me The Blues » élargissant encore la palette d’un groupe à l’authentique générosité.

Entre guitares wah-wah (« Thick Skin »), orgue sixties remis au goût du jour par The Coral à l’époque (« Wish That She’d Come Back », « Cerebral Crack ») et rythmes country à la Johnny Cash (« Automatic Response »), on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer. D’autant qu’ils prennent un malin plaisir à enchaîner les titres sans ménagement, accentuant du même coup le sentiment d’urgence. D’autant que certains d’entre eux, à l’image de « Flowers In My Hair, Demons In My Head » ou du crasseux « Follow Me Home », déchaîneront les passions. On retiendra encore l’impeccable « It’s Alright » et le riff imparable du hit « What Happens When You Turn The Devil Down » dans le cadre d’une fin de set principal démentielle.

Ils n’allaient toutefois pas se priver d’un généreux rappel, d’autant que le public le réclamait à cor et à cris en défonçant quasiment le plancher de la Rotonde. Requête entendue et entamée par un tout nouveau titre, le punchy « Before You Realize It », couplé à un pêchu « I’m So Tired (Of Living In The City) » qui échauffera les esprits. Mais rien comparé à cette improbable cover bourrée d’onomatopées du « Salvaje » de Los Saicos, balancée en compagnie de Teddy Solano, le tour manager du groupe vêtu d’un t-shirt de Tuff Guac sous sa veste noire dézippée. Ou comment boucler une tournée dans un esprit (on ne peut plus) festif.

SET-LIST
MIGHTY FINE & ALL MINE
MELT
MEMORIES
PURGATORY
TROUBLE
KIDS OF TODAY
CAN’T SLEEP THROUGH THE SILENCE
TRACES
TOO MUCH TENSION
WATCHIN’ THE NEWS GIVES ME THE BLUES
WISH THAT SHE’D COME BACK
AUTOMATIC RESPONSE
DON’T WANT NO DON’T NEED NO
FLOWERS IN MY HAIR, DEMONS IN MY HEAD
INTRO
FOLLOW ME HOME
CEREBRAL CRACK
IT’S ALRIGHT
WHAT HAPPENS WHEN YOU TURN THE DEVIL DOWN
THICK SKIN

BEFORE YOU REALIZE IT
I’M SO TIRED (OF LIVING IN THE CITY)
SALVAJE

Organisation : Botanique

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