ArticlesConcerts

La première belge de Brigitte Calls Me Baby

Archétype du groupe américain au son typiquement british, Brigitte Calls Me Baby débarque enfin pour une tournée sur le continent. Armés d’« Irreversible », leur tout chaud deuxième album, les natifs de Chicago ont retourné un Witloof Bar du Botanique rempli à ras bord et conscient de l’importance du moment.

Mais avant, place à la première partie signée Louves, collectif cosmopolite basé entre Bruxelles et Louvain articulé autour de la chanteuse particulièrement stylée Ash et de l’immense guitariste barbu Gordon (ex-Recorders). Une bassiste sud-africaine, une batteuse ukrainienne et une guitariste locale complètent un line-up à l’évidente complémentarité. S’ils ne l’avaient pas mentionné, on n’aurait d’ailleurs jamais imaginé qu’il s’agissait ce soir de leur tout premier concert officiel. Deux voix complémentaires, une basse hypnotisante et un sens aigu des mélodies enveloppent des compositions rafraîchissantes et accrocheuses à souhait, à l’instar notamment du solide « Traumaphilia ». « Palm Sprites », leur premier titre officiel, arrive dans quelques jours et si vous voulez notre avis, l’aventure ne fait que commencer…

Lorsque l’on a découvert Brigitte Calls Me Baby outre-Manche au festival End Of The Road en 2023, on aurait juré se trouver devant un groupe de Manchester. On avait d’ailleurs résumé leur prestation sous les mots-clés « Roy Orbison meets The Smiths », essentiellement via un univers mélancolique et les intonations proches de celles de Morrissey en un peu plus grandiloquent. L’écoute de « The Future Is Our Way Out », leur premier album l’année suivante, confirmera cette impression pour le moins troublante.

Si le fraîchement publié « Irreversible » nage dans les mêmes eaux, il en sera tout autrement de leur première performance sur le sol belge entamée par un enlevé « Truth Is Stranger Than Fiction ». D’un point de vue tessiture vocale, on pense davantage à Brandon Flowers qu’au controversé leader du cultissime groupe anglais. Même si, à l’instar de ce dernier, le charismatique Wes Leavins semble déjà bénéficier d’un statut d’idole pour les premiers rangs qui buvaient littéralement ses textes, quand ils ne les anticipaient pas.

Vêtu d’un élégant costume, l’élancé chanteur possède en effet ce magnétisme qu’il partage notamment avec Elvis Presley. Ce n’est donc pas un hasard s’il a interprété le rôle du King dans la comédie musicale Million Dollar Quartet de Tony Howard. Musicalement toutefois, à l’instar de « Pink Palace », on navigue davantage dans la mouvance indie rock à guitares des Killers et des Strokes du début du millénaire qu’aux balbutiements du rock’n’roll du milieu des années 50. Sauf peut-être d’un point de vue capillaire où l’on se retrouve plongé au milieu des coiffures permanentées des eighties entre George Michael (Wes), Limahl (le guitariste Jack Fluegel) et Michael Jackson ébouriffé (le bassiste Devin Wessels).

Cela dit, on retrouve malgré tout les influences du nord de l’Angleterre qui nous avaient scotchées à l’époque, comme sur le ténébreux « I Wanna Die In The Suburbs » et le tristounet « I Can’t Have You All To Myself ». Même si des nappes synthétiques viennent éclaircir la grisaille à certains moments. On pense au saccadé « We Were Never Alive » et à l’envoûtant « These Acts Of Which We’re Designed ». Pour l’anecdote, on a l’impression que les titres à rallonge des compositions renvoient aussi aux Smiths, tout comme les guitares très Johnny Marr-iennes d’« I Danced With Another Love In My Dreams ».

Quoi qu’il en soit, ne perdons pas de vue que la voix de Wes constitue le point central du groupe, surtout lorsqu’il aborde le volet crooner. L’impressionnant « Too Easy » en est un parfait exemple, au même titre qu’« Eddie My Love », bien que celui-ci renvoie plutôt du côté de Sheffield et de Richard Hawley. Mais la guitare de Jack Fluegel n’est pas étrangère non plus à l’éclair lumineux traversant le sautillant « Slumber Party » qui aurait, selon nous, dû boucler le set en lieu et place du (nettement) moins percutant « Send Those Memories » dans la pénombre. En revanche, « Impressively Average », le seul titre du rappel (malgré un second mentionné sur la set-list) dézinguera une dernière fois le Witloof Bar via une solide voix soutenue par des riffs implacables. Roy Orbison meets The Strokes ?

SET-LIST
TRUTH IS STRANGER THAN FICTION
PINK PALACE
I WANNA DIE IN THE SUBURBS
THESE ACTS OF WHICH WE’RE DESIGNED
TOO EASY
I DANCED WITH ANOTHER LOVE IN MY DREAMS
I CAN’T HAVE YOU ALL TO MYSELF
THE PIT
EDDIE MY LOVE
WE WERE NEVER ALIVE
SLUMBER PARTY
SEND THOSE MEMORIES

IMPRESSIVELY AVERAGE

Organisation : Botanique

Laisser un commentaire

This website uses cookies to analyze site traffic and improve your experience. By continuing to use this site, you consent to our use of cookies.
Music In Belgium