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Getdown Services Entertainement

À l’instar de Ditz, Maruja ou autre Gurriers, Getdown Services insuffle un vent de fraîcheur sur une scène indie revitalisée. D’autant que la manœuvre s’accompagne d’un rajeunissement des forces en présence au sein du public, généralement bien en verve. Pour preuve, les joyeux lurons de Bristol sont passés par une Orangerie du Botanique surchauffée qui affichait sold out depuis des lustres.

Pour cette tournée européenne, ils ont embarqué leurs voisins The Cindys pour un avant-programme somme toute assez différent du plat de résistance. Le groupe emmené par Jack Ogborne (Bingo Fury) n’est actif que depuis quelques mois mais vient déjà de publier un premier mini album. Si celui-ci ne porte pas de titres, il se compose de sept compositions irrésistibles lorgnant du côté de la pop insouciante et mélodieuse, quelque part entre les Pastels et Belle And Sebastian.

Sur scène, outre une hargne retenue distillée par trois guitares, l’aspect harmonieux occupe une place prépondérante grâce notamment à la voix cristalline de Naima Bock (ex-Goat Girl). Celle du leader, posée et narrative, renvoie par moments vers Kurt Vile, renforçant du même coup l’aspect rêveur de l’ensemble. On passera en revanche sur la performance vocale peu reluisante du guitariste à sa droite pour se concentrer sur le bassiste chevelu dans un monde parallèle que l’on imagine bardé de riffs cinglants. Une prestation rafraîchissante judicieusement ponctuée par une cover de Big Star, autre influence majeure. L’indie pop dans toute sa splendeur.

Rappelez-vous, Getdown Services avait joué en première partie de Talk Show au Witloof Bar du Botanique voici un peu moins de deux ans et n’avait déjà laissé personne indifférent. Aujourd’hui, Josh Law et Ben Sadler remplissent l’Orangerie, sans doute boostés par une prestation incendiaire aux Leffingeleuren. Même si c’est au festival End Of The Road qu’ils nous ont le plus impressionnés cet été en soufflant littéralement The Folly, chapiteau au nom prédestiné rempli d’anglais hurlant les paroles à tue-tête en dansant tes des possédés.

Si l’ambiance sera légèrement moins survoltée ce soir, le duo se montrera tout aussi guilleret et taquin malgré des soucis mécaniques ayant récemment mené à l’annulation de quelques prestations. Avant la moindre note, ils chaufferont la salle de longues minutes durant, s’appuyant notamment sur la rivalité avec le public français et se moquant de la prononciation hasardeuse de leur nom de la part des spectateurs francophones. Tout en plaçant çà et là quelques mots dans la langue de Molière (je sus malade, c’est mon ami Josh…).

Quoi qu’il en soit, dès l’entame de l’entêtant « Head Down For The Conversation », la machine sera lancée et ne s’arrêtera pas avant un tour d’horloge de la grande aiguille. Josh, apparemment le plus sérieux du duo, abandonnera bien vite sa guitare et son t-shirt pour se concentrer sur les répliques vocales destinées à son camarade moustachu. Ce dernier, ne craignant aucunement le ridicule, se dandine maladroitement et ne tardera pas lui aussi à laisse tomber son t-shirt et arborer un généreux bidou.

Mais c’est ce qui fait le charme et l’authenticité de Getdown Services. Sleaford Mods kitsch, disco punk barré ou stand up comedy, peu importe finalement. Le public y trouve son compte et obéit docilement aux injonctions des gaillards sur scène, qu’il s’agisse de vagues avec les mains, d’arborer la lampe de poche de son téléphone ou de copier des chorégraphies hasardeuses. Le but est clairement de passer un bon moment et à ce niveau-là, le contrat est rempli.

Musicalement, le groove rencontre les mélodies accrocheuses. Les productions de Quincy Jones pour Michael Jackson ne sont pas loin (« Crisps », « I’m Not Feeling It ») et les influences hip hop non plus (« Evil On Tap », « Cream Of The Crop »). Sans parler d’un humour affûté jusque dans le titre de certaines compositions (l’imparable « Eat Quiche, Sleep, Repeat » aux riffs empruntés à T.Rex). Cela dit, la guitare de Josh maintient les choses en place, comme sur « Get Back Jamie », par exemple. Ou sur cette version dépouillée d’« I Wish It Didn’t Bother Me » qui bouclera le set principal de surprenante manière.

Les rappels seront entamés par un nouveau titre franchement orienté dancefloor aux contours futuristes avant un explosif et effréné « Caesar » plus freestyle que ça tu meurs. « Scots Dancing » les verra virer techno et se lancer dans une danse western, bien vite répliquée par une salle en délire. Avant un « Dog Dribble » bardé de riffs classic rock que n’auraient pas renié les Viagra Boys. Ou comment boucler l’année du Bota dans l’allégresse et la bonne humeur.

SET-LIST
HEAD DOWN FOR THE CONVERSATION
EVIL ON TAP
GET BACK JAMIE
CRISPS
DON’T CHEESE ME UP
I’M NOT FEELING IT
CREAM OF THE CROP
EAT QUICHE, SLEEP, REPEAT
I WISH IT DIDN’T BOTHER ME

(NEW SONG)
CAESAR
SCOTS DANCING
DOG DRIBBLE

Organisation : Botanique

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