Epica fait son premier Forest National
Dimanche 18 janvier 2026. Il est environ 17h30 quand je stationne la voiture à quelques rues de Forest National. Première mauvaise surprise de la soirée : il m’en coûtera 46 euros et quelques centimes pour avoir l’autorisation d’aller dépenser de l’argent dans la mythique salle de concert… C’est plus que le prix du billet d’entrée ! De plus, l’organisateur Live Nation a pris du retard puisque les portes n’ouvriront pas avant quasi 18h15. Encore heureux qu’il ne drache pas.
Une fois dans la place, je rejoins les photographes au point de rendez-vous pour que l’on nous mène vers le photopit en passant par les coulisses. C’est la belle et talentueuse Charlotte Wessels qui ouvre cette soirée métallique avec son projet solo, pour lequel elle est accompagnée sur scène par ses anciens potes de Delain, le guitariste virtuose Timo Somers, le bassiste Otto Schimmelpenninck van der Oije et le batteur Joey Marin de Boer. À leurs côtés, la petite nouvelle aux claviers et aux chœurs : Nina Van Beelen.
Malgré un faux départ juste avant le début du concert à cause d’un caprice du moniteur son, les artistes néerlandais au service de la fibre artistique de Charlotte Wessels sortent une très belle prestation. Tout est bien en place et tant les musiciens que la vocaliste sont manifestement heureux d’être pour la première fois sur la scène de Forest National. Au menu, plusieurs extraits de l’album « The Obsession« , que j’avais eu le plaisir de chroniquer pour MIB. La soirée commence donc par l’excellent « Chasing Sunsets », suivi du déjà classique « Dopamine » pour lequel on espérait voir Simone rejoindre la scène pour une version live du duo, mais Charlotte a assuré les parties vocales seule. Est venu ensuite le captivant « The Crying Room » suivi du premier succès solo de Charlotte, à savoir sa « Soft Revolution ». Pour suivre, « Tempest » qui donne aussi l’occasion de voir Nina à l’œuvre. La surprise du chef, le tout nouveau single de Charlotte, intitulé « After Us, The Flood », un futur grand classique sur le thème du réchauffement climatique. Dernière ligne droite avec une composition hors norme, « The Exorcism », et en bouquet final le superbe « Breathe ».
Un univers musical hors des sentiers battus, qui tient ses promesses sur scène. Espérons revoir prochainement Charlotte et son équipe en Belgique pour un concert complet cette fois.
Après une courte pause et une nouvelle balade dans le labyrinthe des coulisses de ce temple bruxellois de la musique, c’est au combo suédois de power metal électro Amaranthe de s’emparer de la scène. Le groupe se compose toujours d’Elize Ryd au chant clair, Olof Mörck à la guitare et aux claviers,
Johan Andreassen à la basse, l’imposant Morten Løwe Sørensen à la batterie, Nils Molin au chant clair masculin et le dernier-venu Mikael Sehlin au chant en mode growl/grunt. Chez mes potes fans du groupe, j’entends un peu de déception en ce sens que la setlist est quasi identique à celle de 2024. Mais ne boudons pas notre plaisir : Amaranthe, c’est toujours un grand moment de musique fun et dansante.
Pour le coup, les Suédois ont mis le paquet avec des faisceaux concentrés, des lasers, de la fumée, bref un light-show impressionnant à l’appui de leur musique hyper entraînante. Le groupe échange beaucoup avec son public et on n’échappera pas au traditionnel concours du meilleur public, comprenez celui qui fait le plus de bruit. Et comme il s’agit d’un concours, on enregistre l’épreuve en attendant le verdict final. Et le public bruxellois n’a pas démérité.
Côté setlist, une avalanche de tubes : « Fearless » (extrait de l’album « Manifest » de 2020), « Viral » (2020), « Digital World » (extrait de l’album « Massive Addictive » de 2014), « Damnation Flame » (extrait de l’album « The Catalyst » de 2024), « Maximize » (extrait de l’album « Maximalism » de 2016, « Strong » (2020), le titre « PvP » conçu spécialement pour le jeu vidéo du même nom, « Crystalline » (2020), « Boom!1 » (2020), « The Catalyst » (2024), « Re-Vision » (2024), « Chaos Theory », « Amaranthine » (extrait de l’album « Amaranthe » de 2011), « The Nexus » (extrait de l’album éponyme de 2013) et « Call Out My Name » (2011).
Les protagonistes s’entendent comme des larrons en foire pour mettre le public bruxellois en ébullition. Clairement ce genre de musique très entraînante et dansante plaît beaucoup. Le public en redemande et la bande à Elize vient remettre une dernière couche de finition avec « Archangel » (2020), « That Song » (2016) qui emprunte quelques éléments sonores au classique de Queen « We Will Rock You ») et pour finir le célèbre « Drop Dead Cynical » (2014) qui clôture une prestation impeccable à tous points de vue.
Pour la tête d’affiche de la soirée, les photographes ne sont autorisés à prendre des photos que pendant les 2ᵉ, 3ᵉ et 4ᵉ morceaux. Du coup, on s’est retrouvés enfermés dans les coulisses dans un froid de canard pendant 20 minutes et on n’a rien vu du premier morceau (alors que d’habitude on nous fait patienter dans la salle…). Et puis enfin la porte s’ouvre et nous voilà tous dans le photopit pour retrouver le poids lourd de la soirée : Epica, le groupe néerlandais fondé en 2002 notamment par Mark Jansen (guitare rythmique, grunts et screaming (depuis 2002) et le claviériste Coen Janssen, accompagnés de Simone Simons au chant, Ariën van Weesenbeek à la batterie et aux grunts, notre compatriote Isaac Delahaye à la guitare et aux chœurs ainsi que le bassiste Rob van der Loo.
Le groupe assure la promotion de son nouvel album« Aspiral » sorti en avril 2025. Pour ce faire, il a mis les petits plats dans les grands avec une belle grande scène permettant beaucoup de déplacements et des jeux de lumière très haut de gamme. Les fans sont soulagés de retrouver leur combo préféré, car la nouvelle du report de la tournée en Asie avait fait naître des craintes pour la tournée européenne. Celle-ci a cependant bel et bien lieu, pour le plus grand bonheur du public bruxellois venu relativement nombreux. La formule du « Petit Forest », avec une scène avancée et les rideaux des étages supérieurs fermés, permet de donner l’impression d’une salle complète, ce qui est excellent pour l’ambiance.
Côté setlist, les titres du nouvel album se taillent bien évidemment la part du lion. Dès les premières notes, on sent qu’Epica envoie du très lourd et que le public va en avoir pour son argent. Le concert commence par l’actualité du groupe avec « Apparition » (2025) et « Cross the Divide » (2025). Ensuite, petit flashback avec « Martyr of the Free Word » (extrait de l’album « Design Your Universe » de 2009). Retour au présent avec « Eye of the Storm » (2025), autre pépite récente du groupe. Difficile de ne pas jouer quelques classiques du répertoire épicéen. Les fans jubilent donc de retrouver « Unleashed » (2009), commencé en version acoustique, ainsi que « Never Enough », le tube extrait de l’album « The Divine Conspiracy » de 2007.
Charlotte Wessels revient sur scène pour un très joli duo (à l’origine un trio avec Myrkur en plus) intitulé « Sirens – Of Blood And Water », extrait du EP « The Alchemy Project » de 2022. Pour suivre, un nouveau moment de grâce avec le grand classique « Tides of Time » (2009).
Comme Epica est avant tout un groupe de metal symphonique, on revient à du plus lourd avec « The Grand Saga of Existence – A New Age Dawns, Part IX » (2025). Les fans ne pourraient pas concevoir un concert d’Epica sans le cultissime « Cry for the Moon » (tiré de l’album « The Phantom Agony » de 2003). La version de ce soir est particulièrement inspirée et les fans apprécient.
Après de nouveaux échanges avec le public, le show continue de plus belle avec « Fight to Survive » (2025), avant de terminer par deux autres classiques : « The Last Crusade » (extrait de l’album « Consign To Oblivion » de 2005) et le très dansant « Beyond the Matrix » (extrait de l’album « The Holographic Principle » de 2016). Les titans quittent ensuite la scène au son de l’instrumental « Aspiral ». Avec juste un mot de remerciement projeté sur scène. Le public aurait sans doute aimé des adieux un peu moins expéditifs, mais ce sont des mines réjouies et souriantes qui quittent lentement la salle.
Encore un excellent concert signé Epica qui confirme ici son statut de groupe majeur dans le segment du metal symphonique. Espérons qu’à leur prochain passage, la salle tout entière sera pleine à craquer!
Toutes les photos de Charlotte Wessels | Amaranthe | Epica
Texte: Hugues Timmermans
Photos © 2026 Hugues Timmermans
