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DEEP PURPLE s’offre un Wex bondé


Comme chaque année depuis quelques temps, Deep Purple fait son petit tour touristique en Belgique. Après Bruxelles en 2006, Liège en 2007, Tirlemont en 2008, Anvers en 2009, Ian Gillan et ses acolytes se sont arrêtés à Marche pour un concert au Wex. En première partie, Puggy, composé du chanteur et guitariste anglais Matthew Irons, du bassiste français Romain Descampe et du batteur suédois Egil « Ziggy » Franzén, qui propose un rock alternant l’acoustique et la pop. Arrivé trop tard à cause d’un engorgement à la sortie de la N4 du au fait que la police locale déviait toutes les voitures à un rond point proche du Wex, je n’ai pu apprécier leur prestation que sur trois titres. La balance était bonne tout comme le son et les trois membres de Puggy étaient à l’aise sur scène, jouant leur pop rock frais avec conviction, sans toutefois susciter de fortes réactions de la part du public.

Le public, justement, était venu nombreux pour voir cette institution du hard rock, qui a plus de 40 ans d’existence et c’est donc dans un Wex bondé que le groupe anglais a démarré sa prestation vers 22h30 avec un excellent titre de Deep in Rock, pas très souvent joué live, « Hard lovin ‘man ». D’emblée, on sent Deep Purple en forme, qui attaque une setlist partagée entre classiques et titres plus récents dont 3 de leur dernier album en date (un nouveau est annoncé pour 2011) «
Rapture of the deep
»
(dont l’excellent instrumental « The well dressed guitar »), 2 de «
Bananas
»
et un seul de « Total Abandon ». La mise en place est comme d’habitude chez Deep Purple impeccable et les musiciens prennent visiblement du plaisir à jouer. Pas de grand discours de la part de Gillan, toujours fringant et paraissant plus en forme que jamais, qui a ressorti le mot « superb » (cfr l’album « Live at The Olympia ») pour désigner l’accueil du public et les titres s’enchaînent rapidement, avec le chanteur bien en voix, même si son registre a un peu rétréci, et donc pas de « Child in time » ce soir, comme à l’accoutumée – je suis Deep Purple depuis plus de 3 décades et jamais je n’ai eu cette chance.

On ne dira jamais assez le rôle majeur joué par Morse dans cette longévité « purpléenne ». Ce tout grand guitariste, au jeu virtuose, a insufflé une seconde jeunesse au groupe, qui semble plus soudé que jamais. Les tensions palpables qui étaient générées en tout ou en partie par cet autre virtuose qu’est Ritchie Blackmore ne sont plus que de l’histoire ancienne, et Morse, au-delà de son côté positif et humain, a aussi quelque part déclenché une nouvelle orientation musicale du groupe, plus groovy. Quant à Don Airey, rien à redire, il remplace Jon Lord à la perfection, mais sans y apporter vraiment un personnalité propre, à la différence de son collègue guitariste. Il a par contre remporté un beau petit succès personnel au Wex en incluant dans son solo quelques mesures de « La p’tite gayole » ! Ce qui, soit dit en passant, est révélateur du professionnalisme du groupe.

Pour le reste, 5 titres issus de « Machine head », album culte du rock et véritable mine de pépites en or massif, seront joués ce soir, mais pas « Highway star ». « Perfect Strangers » en impose toujours autant et reste un des moments forts du set. Bien évidemment, « Smoke on the water » ponctuera le concert en remportant l’adhésion complète et fervente du public, majoritairement composé de trentenaires et quadragénaires, il n’ y avait pas tellement de hardeux et métalleux ce soir dans l’audience, ce qui implique clairement que Deep Purple est devenu une véritable institution, encore bien vivante et vivifiante. Ian Paice est toujours aussi excellent derrière sa batterie et nous rappelle l’influence énorme qu’il a eu sur les batteurs de sa génération et les suivantes. Pour autant, pas de solo de batterie ce soir, à l’inverse de Roger Glover, qui nous en gratifiera d’un à la basse en intro de « Black night » joué en rappel, hélas gâché par un son confus. C’est le seul point négatif de ce show, le son de la basse n’était en général pas distinct tout au long du concert, et franchement horrible durant son solo.

« Hush », lui aussi en rappel, nous ramène en 1968, date à laquelle le groupe connut son premier succès aux USA avec cette reprise de Billy Joe Royal écrite par Joe South et exécutée par Deep Purple dans un style psychédélico-pop. Le refrain est bien entendu repris par tout le public du Wex, mais force est de constater que la version du groupe de hard rock suisse Gotthard est bien meilleure et plus pêchue, les deux bands ayant souvent tourné ensemble, et il était par ailleurs prévu une nouvelle tournée commune en 2011, à laquelle la mort accidentelle tragique de son chanteur Steve Lee a malheureusement mis fin du côté de Gotthard.

Deep Purple a fait le plein comme chaque fois lors de son passage belge et prouve une fois de plus son statut d’institution internationale culturelle, avec un show bien huilé par des professionnels prenant encore bien du plaisir à proposer leur classic rock à un public heureux d’écouter et de voir ces pierres fondatrices du rock, roulant à bien plus vive allure que pas mal de leurs collègues de la même époque.

Setlist Wex 2010 :

  1. Hard Lovin’ maid
  2. Things I never said
  3. Maybe I’m a leo
  4. Strange kind of woman
  5. Rapture of the deep
  6. Fireball
  7. Silver tongue
  8. Contact lost
  9. Solo Steve Morse
  10. When a blind man cries
  11. The well dressed guitar
  12. Almost human
  13. Lazy
  14. No one came
  15. Solo Don Airey
  16. Perfect Strangers
  17. Space truckin’
  18. Smoke on the water
  19. Hush (rappel)
  20. Black night (rappel)

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