CORONATUS – Dreadful Waters

Avec « Dreadful Waters« , la formation allemande Coronatus poursuit son parcours dans le metal symphonique en proposant un album centré sur une imagerie maritime sombre et symbolique. Sans rupture radicale avec ses productions précédentes, le groupe affine ici son approche atmosphérique et narrative, misant davantage sur la cohérence d’ensemble que sur l’effet immédiat.
L’album s’ouvre sur une ambiance lourde et dramatique, rapidement installée par des orchestrations amples et une rythmique volontairement pesante. Très vite, « Dreadful Waters » affirme son intention : plonger l’auditeur dans un univers où la mer devient un espace hostile, presque mythologique, servant de toile de fond à des compositions oscillant entre tension et lyrisme. Grâce à une écriture intelligente, Coronatus évite de sombrer dans le folklore maritime caricatural pour privilégier une lecture plus sombre et introspective de cette thématique.
Sur le plan musical, le disque repose sur une alternance maîtrisée entre passages symphoniques imposants et séquences plus épurées, parfois teintées d’influences folk discrètes. Les arrangements privilégient les contrastes : refrains ouverts et mélodiques face à des couplets plus serrés, presque étouffants. Cette dynamique permet à l’album de conserver une certaine fluidité malgré une densité sonore constante.
Les parties vocales jouent un rôle central dans cette construction. Les voix féminines, caractéristiques de l’identité de la formation teutonne, apportent une dimension narrative essentielle, passant de registres clairs et expressifs à des lignes plus sombres et solennelles. Les interventions masculines, plus ponctuelles, renforcent l’aspect théâtral de certains titres sans déséquilibrer l’ensemble. L’approche vocale privilégie l’atmosphère et la narration plutôt que la démonstration technique.
Si « Dreadful Waters » séduit par son unité et son sens du climat, il peut aussi donner une impression de retenue. Le groupe choisit clairement la continuité plutôt que la prise de risques, ce qui confère à l’album une solidité certaine, mais limite parfois l’effet de surprise. Certaines structures restent familières pour les amateurs du genre, même si elles sont exécutées avec sérieux et précision.
Parmi les morceaux, citons « The Maelstrom » qui met en place l’univers maritime et dramatique de l’album, avec une dynamique marquante entre calme et tempête, mais aussi « The Siren » avec ses riffs lourds et ses performances vocales marquantes. Citons encore le très robuste « Dark Ice« , le mélodique « Through the Brightest Blue« et le final théâtral « Die Hexe und der Teufel« .
Au final, « Dreadful Waters » s’impose comme un album cohérent et maîtrisé, qui consolide la place de Coronatus dans le paysage du metal symphonique sans chercher à en redéfinir les contours. Un disque immersif, pensé pour une écoute attentive, qui trouvera naturellement son public parmi les amateurs d’ambiances orchestrales sombres et narratives.
Le groupe:
- Leni Eitrich – Mezzo Soprano
- Sabine Prechtel – Mezzo Soprano
- Nemesis – Voix rock
- Tine Jülich – Violon
- Harry Zeidler – Guitares
- Simon Gutbrod – Basse
- Mats Kurth – Batterie
Liste des morceaux:
- The Maelstrom
- Through The Brightest Blue
- To The Reef!
- The Ship’s Cook
- Southern Cross
- The Siren
- A Seaman’s Yarn
- Dark Ice
- Die Hexe und der Teufel
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Pays: DE
Label: Massacre Records
Sortie: 2026/01/23
